Martin se promenait dans les rues enneigées de son quartier. Voilà déjà une semaine que tout le village était coupé du monde par la neige, et les habitants semblaient un peu déconcertés par les moyens mis en ½uvre pour les ravitailler. Ceci étant, Martin, lui, profitait de ces journées pour se détendre. La mi-octobre approchait et les cours l'avaient épuisés ses derniers temps. Sa seule raison de résister à la fatigue était cette joli brune toujours assise sur la deux ou troisième marche des escaliers au fond de la cours.
Cette joli brune, du nom d'Amélia, faisait un devoir au CDI la première fois où Martin l'aperçut. Il était venu lire une bande dessinée pendant une heure de permanence, mais il avait plus dévisagé le doux visage angélique d'Amélia, que le livre qu'il avait pris sans se soucier de l'avoir déjà lu ou pas. Il ne la lâchait pas des yeux, et ses amis se mirent vite à le taquiner et à le chahuter, ce qui le dérangeait. A cause d'eux le documentaliste leur demanda de sortir et Martin lança un regard froid et méchant à ses amis. Il était déçu, mais cela lui avait appris à être discret.
La journée s'achevai, et Martin, quelque peu frigorifié, décidé de rentrer chez lui. Il était dix-huit heures vingt quand il enleva ses chaussures trempées à toute vitesse pour décrocher le téléphone. Il arriva trop tard et attendit de voir s'il y avait un message ou pas. Au bout de cinq minute, il renonça et monta dans sa chambre. Mais alors qu'il posait le pied sur la première marche, le répondeur affichait un message. Il s'assit dans le divan et lança le message.
« Bonsoir Martin...hum...c'est Amélia, la brune du CDI, une de mes amie m'a dit que tu ne m'avait pas lâché du regard...et...voilà...en fait j'organise une fête dès que possible, c'est à dire quand on pourra circuler, et je voudrai vous inviter toi et Lionel. Enfin c'est toi qui voit mais voilà...ça serai bien que tu soit là. Bon ben voilà euh...ben...à la prochaine et à très vite j'espère. Bisous »
Martin n'en revenait pas, Amélia l'invitait chez elle.
Deux jours s'écoulèrent et le message d'Amélia résonnait encore dans la tête de Martin. Allongé sur son lit, il se laissait imaginer cette soirée, quand un bruit sourd venant de l'extérieur le ramena à la réalité. Intrigué, il se précipita à la fenêtre de sa chambre et savoura de voir les chasses-neige arriver dans sa rue. Plus qu'une simple libération, cela allait pouvoir réaliser le moment qu'il attendait impatiemment. Mais cela signifiait aussi le retour des cours d'ici peu de temps, or il pensa plus à l'idée de revoir Amélia qu'à la reprise des cours.
Voilà une semaine et demi qu'Amélia et Martin avaient repris les cours et ce soir du 26 octobre, Martin attendait un coup de téléphone. 21h37, Martin mangeait avec ses parents et sa petite s½ur de huit ans, sur une table ronde au centre d'une cuisine équipée. 21h39, le téléphone sonna et Martin se précipita dessus pour décrocher. C'était sa tante qui voulais discuter avec sa mère. Martin, déçu, lâcha le téléphone en se disant qu'Amélia pouvait essayer d'appeler au même moment, et que sa tante monopolisait la ligne. 22h36, et Martin désespérait de voir sa mère raccrocher. 22h44, sa mère posa enfin le téléphone. 22h53, la sonnerie du téléphone retentit, et Martin décrocha le premier.
- Allô, pourrai-je parler à Martin s'il vous plaît ?
- Oui, c'est moi.
- Ah Martin, c'est Amélia, désolé je n'aime pas trop le téléphone...
- C'est pas grave.
- J'ai essayé de t'appeler il y a environ une demi-heure mais ça sonné occupé.
- Oui, désolé ma tante a appelée.
- Ah, pas grave. Bon je t'appelle pour la fête. Elle devrai avoir lieu dans une semaine, les 3 et 4 novembre.
- On reste dormir ?
- Ceux qui veulent oui.
- D'accord, il faut amener quelque chose ?
- Euh...ben une boisson ou de quoi grignoter?
- Une préférence ?
- Euh oui, de quoi grignoter, j'ai beaucoup de personnes qui prennent des boissons.
- Pas de soucis, chips et gâteaux apéritifs.
- Parfait.
- Et sinon on sera combien ?
- Et bien voyons...1...2...3...hum une vingtaine si tout le monde vient.
- Ok, ça fait du monde...
- T'inquiète pas, y'a de la place pour s'isoler si tu veux.
- Non ça devrai aller.
- C'est comme tu veux. Bon je vais te laisser. On se voit lundi de toute façon.
- Pas de problèmes. Ciao.
- Bisous. Ciao.
Martin raccrocha tout excité. Il entendit un lointain « C'était qui ? » venant de sa mère, mais il fit mine de n'avoir rien entendu.
De son coté Amélia était heureuse du déroulement de leur première réelle discussion, malgré le fait qu'elle n'appréciait guère le téléphone.
Martin arriva dans sa chambre, se saisit de son portable et s'empressa d'appeler Lionel, son meilleur ami.
Le lundi au collège, Martin et Amélia passèrent le plus de temps possible ensemble, allant même oublier leurs amis respectifs. Le mardi, ils décidèrent de rentrer à pieds chez eux pour avoir le plaisir de parler. En deux jours, tous leurs amis savaient qu'ils finiraient ensemble, mais ils ne savaient pas quand, à part certains qui pensaient vaguement à cette fête soudainement organisait par Amélia. Le mercredi annonçait le début des vacances de la Toussaint. Cette matinée là, Amélia et Martin se retrouvaient une heure au CDI, comme pour marquer cette endroit de leur rencontre. 12h05 , la sonnerie libératoire retentit, et tous les élèves se précipitaient vers la sortie. Là les bus les attendaient mais encore une fois, ils décidèrent de rentrer à pied, et de prolonger ce moment, avant de se séparer. Au croisement qui dessert leur deux villages , ils s'arrêtèrent. L'un en face de l'autre, silencieux, ils se regardèrent droits dans les yeux. Un mètre les séparaient , un mètre de vide, un mètre à combler, comme le vide qu'ils avaient chacun au fond du c½ur. Amélia hésita, se jeter dans ses bras et l'embrasser ou attendre encore un peu. Martin était perdu à admirer Amélia. Un mètre insurmontable malgré leur envie, Amélia se retourna, lançant un « A samedi », et partit en courant, retenant ces larmes, de savoir qu'elle n'avais rien fait. Martin, lui, s'assit au croisement, ressassant ce moment où il avait eu une hésitation. Il se releva quelque minutes plus tard, et avança sur la route qui menait vers son village, la tête basse, en regardant de temps en temps les nuages.
Les deux jours qui suivirent leurs parurent un éternité à tourner en rond. Pendant que Martin s'occuper sur son ordinateur, Amélia de son coté, s'adonner à sa passion : l'écriture.
Le temps passa, et Martin retraversa ce croisement, mais en voiture. Il était 18h17 à l'horloge de la voiture, et il allait retrouver Amélia pour sa fête.
La boule au ventre, le vide au c½ur, il voyait le 19 Allée André Malraux se profiler. Rythme cardiaque qui s'accélère, mains moites, Martin était mal à l'aise.
C'était une grande bâtisse avec un étage. Le portail, devant lequel ses parents l'avaient déposé il y a quelques minutes, le dépassait de deux mètres facilement. Un interphone se trouvait du coté droit, sur le pilier qui marquait le début du mur qui encerclait la maison. Il appuya sur le bouton, entendit la sonnerie dans la maison. Une voix grave le surpris soudainement, quand il entendit la voix d'Amélia.
- C'est qui ?
- C'est Martin
- Ah oui pardon je t'ouvre.
Il n'eut pas le temps de dire merci que le portail commençait déjà à s'ouvrir. Il entra et se dirigea vers la porte qui s'ouvrit devant lui. Amélia portait des Converses noire et blanche, d'un jean taillé sur mesure pour elle, d'un petit débardeur blanc et d'une veste noire. Martin l'avait trouvé plus belle que jamais il n'aurai pu l'imaginer. Ils se retrouvaient dans la même situation pour la deuxième fois. Martin était paralysé, les mots bloquaient au fond de la gorge. Amélia pris son courage à deux mains, et tendit la main droite, mais Martin, toujours absorbé par la splendeur d'Amélia, ne réagit pas. Amélia retira sa main et se dirigea vers l'arrière de la maison. Elle traversa la maison, Martin la suivait, honteux de ce qu'il avait fait. Elle lui montra une table avec des saladiers, et beaucoup de choses diverses, ballons, confettis...Amélia était blessée, elle dit à Martin de s'asseoir en attendant les autres.
Elle avait imaginée ce moment là différemment, elle avait volontairement dit aux autres de venir plus tard pour qu'ils soient tous les deux. Mais Martin avait tout gâché. Elle monta dans sa chambre, triste, elle regarda par sa fenêtre qui donnait sur le jardin. Elle y vit Martin tourner en rond, lever les yeux au ciel.
Il aurait tant voulu la suivre, mais il n'avait pas osé, la rejoindre, pourquoi pas, mais au vu de la taille de la maison, il lui aurai fallu une ou deux heures pour la retrouver. Il se retourna et l'aperçut à l'étage. Elle ouvrit sa fenêtre, Martin était prêt, mais la sonnette retentit et Amélia disparue. Lui qui était prêt aurai t-il la force de le faire devant tout le monde...Il ne savait rien, mais après son erreur, il savait qu'il n'avait plus le droit d'hésiter. 18h32 à sa montre, et Martin voyait Lionel arriver.
- Dit moi, il s'est passé quoi avec Amélia ?
- Ben rien pourquoi ?
- Elle a pas l'air super joyeuse?
- Ben elle m'a tendu sa main et ?
- Et ?
- J'ai rien fait?
- Ah je vois, petit Martin a eu peur, et ben tu va te bouger avant que ce soit moi qui te bouge.
- Oui mais comment ?
- Ah ça, c'est toi qui l'aime, débrouille toi, invente. Tout ce que je peux dire, c'est que si tu fais rien, tu vas la perdre et tu risque de le regretter. Et vu ce que tu as fait, va falloir t'accrocher, monde ou pas monde il faut que tu y aille.
- Ok !
- Mais qu'est ce que tu fais encore là ? Elle est à coté de la grille, tout droit par la porte d'entrée.
Martin se mit en marche, bien décidé à rattraper son erreur précédente. Une phrase de Lionel résonnait dans sa tête : « Monde ou pas monde, il faut que tu y aille. » Il savait que c'était maintenant ou jamais. Il se dirigeait vers la grille. Amélia était à coté en train de discuter avec son voisin. Elle ne le vit pas venir et quand il lui demanda s'il pouvait parler, elle eut un sursaut et poussa un petit cri d'étonnement . Elle lui expliqua qu'elle n'avait pas le temps pour le moment parce qu'elle attendait les invités mais que plus tard dans la soirée elle serai disponible. Martin repartit un peu déçu et il compris ce qu'Amélia avait ressentit. Un mélange de frustration et d'incompréhension, il ne savait pas trop, mais Amélia lui en voulait d'avoir réagi comme un enfant ; et elle comptait lui faire payer une bonne partie de la soirée.
Les invités continuaient d'arriver petit à petit, remplissant le rez-de-chaussée d'animation, mais Martin avait du mal à se mêler aux petits groupes qui discutaient. Il n'avait pas l'habitude, ne connaissait personne hors mis Lionel et Amélia. Il était dans son coin à réfléchir tout seul. La mine triste, il était quand même heureux au fond de lui de voir les autres s'amusaient. Amélia rigolait avec ses amis, Lionel débutait une partie de jeu vidéo , certains invité étaient autour de la table à jouer aux cartes. Alors qu'il était perdu dans ses pensées, il sentit une main l'attraper et l'emmener dans la cuisine. C'était Tiphany, la meilleure amie d'Amélia. Mais que lui voulait-elle pour l'emmener ainsi à l'écart ? Martin ressentit une nouvelle fois ce n½ud au fond de l'estomac, la peur de ce que pouvais lui dire Tiphany, son rythme cardiaque s'accélérait de nouveau, il ne savait plus ce qu'il désirait, entendre Tiphany ou courir loin de ses beaux yeux bleu-gris. Il décida d'affronter la situation, il avait été assez lâche dans la journée pour encore fuir devant les faits.
- Mais pourquoi tu m'as amené ici ?
- Amélia est déçu de voir que tu reste dans ton coin tout seul, sans faire d'effort pour t'intégrer, ses amis sont aussi important que toi, et je ne la vois pas essayer de faire un choix entre amour et amitié, elle ne pourra pas le faire.
- Mais?
- Tais toi un peu, tu vas encore dire les choses trop vite. Elle t'aime sûrement plus que tu ne pourrai l'imaginer, mais vu ton comportement, je comprends sa réaction, alors maintenant tu vas m'écouter.
Tiphany parla pendant cinq minutes, puis elle laissa Martin seul dans la cuisine.
L'endroit ne possédait qu'une porte, face au plan de travail, l'évier était à droite juste en dessous de la fenêtre, à gauche se trouvait un meuble de rangement, sur lequel Martin était appuyé. Au centre, une table ronde et quatre chaises. Martin faisait le tour de la table, regardant de temps en temps la noirceur de la nuit hivernale par la fenêtre. Il voyait en partie son reflet, mais ce fut le sourire d'Amélia derrière lui qui attira son regard. Il se retourna, mais il n'y avait personne. Martin se dit que son désir de partager ce moment avec Amélia, le poussait à imaginer des choses. Un léger souffle le long du cou, et un énorme frisson le long du dos eurent raison de la peur de Martin. Il s'apprêtait à quitter la cuisine quand la porte s'ouvrit devant lui, il bondit de peur en arrière. Amélia fut prise d'un fou rire qu'elle tenta de maîtriser de son mieux, essayant de ne pas gêner Martin qui était rouge de honte.
Amélia s'avança calmement. Elle tendit la main. Avant qu'elle n'ait eu le temps de dire quelque chose, la main de Martin vint glisser sur la sienne. Ils se regardèrent droit dans les yeux, main dans la main, un sourire aux lèvres. Martin attira doucement Amélia vers lui, attrapa son autre main, la regarda, enfin libre de pouvoir le faire. Elle le pris dans ses bras laissant échapper une petite larme de bonheur. Amélia lui repris la main pour l'emmener hors de la cuisine, Martin la ramena jusqu'à lui.
- Ce moment est à nous, murmura Martin.
Et ils s'embrassèrent...enfin. Moment de pur intimité...Indéscritptible.
De leur coté, Lionel et Tiphany, qui avait organisé cette « rencontre » dans la cuisine, attendais impatiemment de voir la porte s'ouvrir. Tout le monde surveillé la porte, ils étaient au courant de ce qui se passait. Cela faisait déjà quinze minute qu'Amélia était entré et rien ne bougeait. Lionel passa son bras autour de la taille de Tiphany, qui se serra contre lui sans un mot. Il n'avait pas pu résister à cette joli métisse, les cheveux légèrement ondulés, et un visage rond, comme l'innocence d'une enfant.
La porte s'ouvrit et tous les regard se tournèrent vers l'endroit où se tenait Martin et Amélia, main dans la main. Un silence incroyable régnait dans la pièce. Martin s'avança vers Lionel, il lui dit qu'ils se souviendraient de cette fête' toute leur vie.
Les années ont passés, et Martin s'est lassé d'Amélia, la quittant sans un mot, la laissant pleurer dans son coin, à le voir embrasser cette autre fille, arrivée il y a quelque jours. Et qui lui a pris sa joie de vivre.
Amour d'adolescence ou apprentissage de la vie. Certains aiment à se fixer le plus vite possible, d'autre préfèrent voir plusieurs horizon. Quoi qu'il en soit, Lionel et Tiphany avait le souhait de ne plus jamais se quitter, et ce jour, ils le vécurent comme une déchirure.
Cette joli brune, du nom d'Amélia, faisait un devoir au CDI la première fois où Martin l'aperçut. Il était venu lire une bande dessinée pendant une heure de permanence, mais il avait plus dévisagé le doux visage angélique d'Amélia, que le livre qu'il avait pris sans se soucier de l'avoir déjà lu ou pas. Il ne la lâchait pas des yeux, et ses amis se mirent vite à le taquiner et à le chahuter, ce qui le dérangeait. A cause d'eux le documentaliste leur demanda de sortir et Martin lança un regard froid et méchant à ses amis. Il était déçu, mais cela lui avait appris à être discret.
La journée s'achevai, et Martin, quelque peu frigorifié, décidé de rentrer chez lui. Il était dix-huit heures vingt quand il enleva ses chaussures trempées à toute vitesse pour décrocher le téléphone. Il arriva trop tard et attendit de voir s'il y avait un message ou pas. Au bout de cinq minute, il renonça et monta dans sa chambre. Mais alors qu'il posait le pied sur la première marche, le répondeur affichait un message. Il s'assit dans le divan et lança le message.
« Bonsoir Martin...hum...c'est Amélia, la brune du CDI, une de mes amie m'a dit que tu ne m'avait pas lâché du regard...et...voilà...en fait j'organise une fête dès que possible, c'est à dire quand on pourra circuler, et je voudrai vous inviter toi et Lionel. Enfin c'est toi qui voit mais voilà...ça serai bien que tu soit là. Bon ben voilà euh...ben...à la prochaine et à très vite j'espère. Bisous »
Martin n'en revenait pas, Amélia l'invitait chez elle.
Deux jours s'écoulèrent et le message d'Amélia résonnait encore dans la tête de Martin. Allongé sur son lit, il se laissait imaginer cette soirée, quand un bruit sourd venant de l'extérieur le ramena à la réalité. Intrigué, il se précipita à la fenêtre de sa chambre et savoura de voir les chasses-neige arriver dans sa rue. Plus qu'une simple libération, cela allait pouvoir réaliser le moment qu'il attendait impatiemment. Mais cela signifiait aussi le retour des cours d'ici peu de temps, or il pensa plus à l'idée de revoir Amélia qu'à la reprise des cours.
Voilà une semaine et demi qu'Amélia et Martin avaient repris les cours et ce soir du 26 octobre, Martin attendait un coup de téléphone. 21h37, Martin mangeait avec ses parents et sa petite s½ur de huit ans, sur une table ronde au centre d'une cuisine équipée. 21h39, le téléphone sonna et Martin se précipita dessus pour décrocher. C'était sa tante qui voulais discuter avec sa mère. Martin, déçu, lâcha le téléphone en se disant qu'Amélia pouvait essayer d'appeler au même moment, et que sa tante monopolisait la ligne. 22h36, et Martin désespérait de voir sa mère raccrocher. 22h44, sa mère posa enfin le téléphone. 22h53, la sonnerie du téléphone retentit, et Martin décrocha le premier.
- Allô, pourrai-je parler à Martin s'il vous plaît ?
- Oui, c'est moi.
- Ah Martin, c'est Amélia, désolé je n'aime pas trop le téléphone...
- C'est pas grave.
- J'ai essayé de t'appeler il y a environ une demi-heure mais ça sonné occupé.
- Oui, désolé ma tante a appelée.
- Ah, pas grave. Bon je t'appelle pour la fête. Elle devrai avoir lieu dans une semaine, les 3 et 4 novembre.
- On reste dormir ?
- Ceux qui veulent oui.
- D'accord, il faut amener quelque chose ?
- Euh...ben une boisson ou de quoi grignoter?
- Une préférence ?
- Euh oui, de quoi grignoter, j'ai beaucoup de personnes qui prennent des boissons.
- Pas de soucis, chips et gâteaux apéritifs.
- Parfait.
- Et sinon on sera combien ?
- Et bien voyons...1...2...3...hum une vingtaine si tout le monde vient.
- Ok, ça fait du monde...
- T'inquiète pas, y'a de la place pour s'isoler si tu veux.
- Non ça devrai aller.
- C'est comme tu veux. Bon je vais te laisser. On se voit lundi de toute façon.
- Pas de problèmes. Ciao.
- Bisous. Ciao.
Martin raccrocha tout excité. Il entendit un lointain « C'était qui ? » venant de sa mère, mais il fit mine de n'avoir rien entendu.
De son coté Amélia était heureuse du déroulement de leur première réelle discussion, malgré le fait qu'elle n'appréciait guère le téléphone.
Martin arriva dans sa chambre, se saisit de son portable et s'empressa d'appeler Lionel, son meilleur ami.
Le lundi au collège, Martin et Amélia passèrent le plus de temps possible ensemble, allant même oublier leurs amis respectifs. Le mardi, ils décidèrent de rentrer à pieds chez eux pour avoir le plaisir de parler. En deux jours, tous leurs amis savaient qu'ils finiraient ensemble, mais ils ne savaient pas quand, à part certains qui pensaient vaguement à cette fête soudainement organisait par Amélia. Le mercredi annonçait le début des vacances de la Toussaint. Cette matinée là, Amélia et Martin se retrouvaient une heure au CDI, comme pour marquer cette endroit de leur rencontre. 12h05 , la sonnerie libératoire retentit, et tous les élèves se précipitaient vers la sortie. Là les bus les attendaient mais encore une fois, ils décidèrent de rentrer à pied, et de prolonger ce moment, avant de se séparer. Au croisement qui dessert leur deux villages , ils s'arrêtèrent. L'un en face de l'autre, silencieux, ils se regardèrent droits dans les yeux. Un mètre les séparaient , un mètre de vide, un mètre à combler, comme le vide qu'ils avaient chacun au fond du c½ur. Amélia hésita, se jeter dans ses bras et l'embrasser ou attendre encore un peu. Martin était perdu à admirer Amélia. Un mètre insurmontable malgré leur envie, Amélia se retourna, lançant un « A samedi », et partit en courant, retenant ces larmes, de savoir qu'elle n'avais rien fait. Martin, lui, s'assit au croisement, ressassant ce moment où il avait eu une hésitation. Il se releva quelque minutes plus tard, et avança sur la route qui menait vers son village, la tête basse, en regardant de temps en temps les nuages.
Les deux jours qui suivirent leurs parurent un éternité à tourner en rond. Pendant que Martin s'occuper sur son ordinateur, Amélia de son coté, s'adonner à sa passion : l'écriture.
Le temps passa, et Martin retraversa ce croisement, mais en voiture. Il était 18h17 à l'horloge de la voiture, et il allait retrouver Amélia pour sa fête.
La boule au ventre, le vide au c½ur, il voyait le 19 Allée André Malraux se profiler. Rythme cardiaque qui s'accélère, mains moites, Martin était mal à l'aise.
C'était une grande bâtisse avec un étage. Le portail, devant lequel ses parents l'avaient déposé il y a quelques minutes, le dépassait de deux mètres facilement. Un interphone se trouvait du coté droit, sur le pilier qui marquait le début du mur qui encerclait la maison. Il appuya sur le bouton, entendit la sonnerie dans la maison. Une voix grave le surpris soudainement, quand il entendit la voix d'Amélia.
- C'est qui ?
- C'est Martin
- Ah oui pardon je t'ouvre.
Il n'eut pas le temps de dire merci que le portail commençait déjà à s'ouvrir. Il entra et se dirigea vers la porte qui s'ouvrit devant lui. Amélia portait des Converses noire et blanche, d'un jean taillé sur mesure pour elle, d'un petit débardeur blanc et d'une veste noire. Martin l'avait trouvé plus belle que jamais il n'aurai pu l'imaginer. Ils se retrouvaient dans la même situation pour la deuxième fois. Martin était paralysé, les mots bloquaient au fond de la gorge. Amélia pris son courage à deux mains, et tendit la main droite, mais Martin, toujours absorbé par la splendeur d'Amélia, ne réagit pas. Amélia retira sa main et se dirigea vers l'arrière de la maison. Elle traversa la maison, Martin la suivait, honteux de ce qu'il avait fait. Elle lui montra une table avec des saladiers, et beaucoup de choses diverses, ballons, confettis...Amélia était blessée, elle dit à Martin de s'asseoir en attendant les autres.
Elle avait imaginée ce moment là différemment, elle avait volontairement dit aux autres de venir plus tard pour qu'ils soient tous les deux. Mais Martin avait tout gâché. Elle monta dans sa chambre, triste, elle regarda par sa fenêtre qui donnait sur le jardin. Elle y vit Martin tourner en rond, lever les yeux au ciel.
Il aurait tant voulu la suivre, mais il n'avait pas osé, la rejoindre, pourquoi pas, mais au vu de la taille de la maison, il lui aurai fallu une ou deux heures pour la retrouver. Il se retourna et l'aperçut à l'étage. Elle ouvrit sa fenêtre, Martin était prêt, mais la sonnette retentit et Amélia disparue. Lui qui était prêt aurai t-il la force de le faire devant tout le monde...Il ne savait rien, mais après son erreur, il savait qu'il n'avait plus le droit d'hésiter. 18h32 à sa montre, et Martin voyait Lionel arriver.
- Dit moi, il s'est passé quoi avec Amélia ?
- Ben rien pourquoi ?
- Elle a pas l'air super joyeuse?
- Ben elle m'a tendu sa main et ?
- Et ?
- J'ai rien fait?
- Ah je vois, petit Martin a eu peur, et ben tu va te bouger avant que ce soit moi qui te bouge.
- Oui mais comment ?
- Ah ça, c'est toi qui l'aime, débrouille toi, invente. Tout ce que je peux dire, c'est que si tu fais rien, tu vas la perdre et tu risque de le regretter. Et vu ce que tu as fait, va falloir t'accrocher, monde ou pas monde il faut que tu y aille.
- Ok !
- Mais qu'est ce que tu fais encore là ? Elle est à coté de la grille, tout droit par la porte d'entrée.
Martin se mit en marche, bien décidé à rattraper son erreur précédente. Une phrase de Lionel résonnait dans sa tête : « Monde ou pas monde, il faut que tu y aille. » Il savait que c'était maintenant ou jamais. Il se dirigeait vers la grille. Amélia était à coté en train de discuter avec son voisin. Elle ne le vit pas venir et quand il lui demanda s'il pouvait parler, elle eut un sursaut et poussa un petit cri d'étonnement . Elle lui expliqua qu'elle n'avait pas le temps pour le moment parce qu'elle attendait les invités mais que plus tard dans la soirée elle serai disponible. Martin repartit un peu déçu et il compris ce qu'Amélia avait ressentit. Un mélange de frustration et d'incompréhension, il ne savait pas trop, mais Amélia lui en voulait d'avoir réagi comme un enfant ; et elle comptait lui faire payer une bonne partie de la soirée.
Les invités continuaient d'arriver petit à petit, remplissant le rez-de-chaussée d'animation, mais Martin avait du mal à se mêler aux petits groupes qui discutaient. Il n'avait pas l'habitude, ne connaissait personne hors mis Lionel et Amélia. Il était dans son coin à réfléchir tout seul. La mine triste, il était quand même heureux au fond de lui de voir les autres s'amusaient. Amélia rigolait avec ses amis, Lionel débutait une partie de jeu vidéo , certains invité étaient autour de la table à jouer aux cartes. Alors qu'il était perdu dans ses pensées, il sentit une main l'attraper et l'emmener dans la cuisine. C'était Tiphany, la meilleure amie d'Amélia. Mais que lui voulait-elle pour l'emmener ainsi à l'écart ? Martin ressentit une nouvelle fois ce n½ud au fond de l'estomac, la peur de ce que pouvais lui dire Tiphany, son rythme cardiaque s'accélérait de nouveau, il ne savait plus ce qu'il désirait, entendre Tiphany ou courir loin de ses beaux yeux bleu-gris. Il décida d'affronter la situation, il avait été assez lâche dans la journée pour encore fuir devant les faits.
- Mais pourquoi tu m'as amené ici ?
- Amélia est déçu de voir que tu reste dans ton coin tout seul, sans faire d'effort pour t'intégrer, ses amis sont aussi important que toi, et je ne la vois pas essayer de faire un choix entre amour et amitié, elle ne pourra pas le faire.
- Mais?
- Tais toi un peu, tu vas encore dire les choses trop vite. Elle t'aime sûrement plus que tu ne pourrai l'imaginer, mais vu ton comportement, je comprends sa réaction, alors maintenant tu vas m'écouter.
Tiphany parla pendant cinq minutes, puis elle laissa Martin seul dans la cuisine.
L'endroit ne possédait qu'une porte, face au plan de travail, l'évier était à droite juste en dessous de la fenêtre, à gauche se trouvait un meuble de rangement, sur lequel Martin était appuyé. Au centre, une table ronde et quatre chaises. Martin faisait le tour de la table, regardant de temps en temps la noirceur de la nuit hivernale par la fenêtre. Il voyait en partie son reflet, mais ce fut le sourire d'Amélia derrière lui qui attira son regard. Il se retourna, mais il n'y avait personne. Martin se dit que son désir de partager ce moment avec Amélia, le poussait à imaginer des choses. Un léger souffle le long du cou, et un énorme frisson le long du dos eurent raison de la peur de Martin. Il s'apprêtait à quitter la cuisine quand la porte s'ouvrit devant lui, il bondit de peur en arrière. Amélia fut prise d'un fou rire qu'elle tenta de maîtriser de son mieux, essayant de ne pas gêner Martin qui était rouge de honte.
Amélia s'avança calmement. Elle tendit la main. Avant qu'elle n'ait eu le temps de dire quelque chose, la main de Martin vint glisser sur la sienne. Ils se regardèrent droit dans les yeux, main dans la main, un sourire aux lèvres. Martin attira doucement Amélia vers lui, attrapa son autre main, la regarda, enfin libre de pouvoir le faire. Elle le pris dans ses bras laissant échapper une petite larme de bonheur. Amélia lui repris la main pour l'emmener hors de la cuisine, Martin la ramena jusqu'à lui.
- Ce moment est à nous, murmura Martin.
Et ils s'embrassèrent...enfin. Moment de pur intimité...Indéscritptible.
De leur coté, Lionel et Tiphany, qui avait organisé cette « rencontre » dans la cuisine, attendais impatiemment de voir la porte s'ouvrir. Tout le monde surveillé la porte, ils étaient au courant de ce qui se passait. Cela faisait déjà quinze minute qu'Amélia était entré et rien ne bougeait. Lionel passa son bras autour de la taille de Tiphany, qui se serra contre lui sans un mot. Il n'avait pas pu résister à cette joli métisse, les cheveux légèrement ondulés, et un visage rond, comme l'innocence d'une enfant.
La porte s'ouvrit et tous les regard se tournèrent vers l'endroit où se tenait Martin et Amélia, main dans la main. Un silence incroyable régnait dans la pièce. Martin s'avança vers Lionel, il lui dit qu'ils se souviendraient de cette fête' toute leur vie.
Les années ont passés, et Martin s'est lassé d'Amélia, la quittant sans un mot, la laissant pleurer dans son coin, à le voir embrasser cette autre fille, arrivée il y a quelque jours. Et qui lui a pris sa joie de vivre.
Amour d'adolescence ou apprentissage de la vie. Certains aiment à se fixer le plus vite possible, d'autre préfèrent voir plusieurs horizon. Quoi qu'il en soit, Lionel et Tiphany avait le souhait de ne plus jamais se quitter, et ce jour, ils le vécurent comme une déchirure.
