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Nuit étoilée

Dans la nuit étoilée, au couvert des arbres, une petite fille marche, une peluche à la main. Pieds nus, elle savoure la douceur de l'herbe fraîche, la délicatesse de la mousse. Elle continue à marcher, paisiblement, sans se retourner. Au bout, l'inconnu, la vie. Elle avance, au détour d'un arbre, sa peluche apparaît sur le sol humide, la petite fille avance, sans se retourner. A l'orée d'une petite clairière, la lune éclaire ses longs cheveux bruns, légèrement frisés. Sans marquer d'arrêt, mais simplement une petite hésitation, la petite fille continue d'avancer inlassablement. Sous ses pieds s'étend un mélange d'herbe fraîche, de mousse craquelant sous les pas et d'herbe sauvage. La clairière traversée, la petite fille continue d'avancer, les arbres sont moins nombreux autour d'elle, la lumière de la plaine lune éclaire le sol devenu un peu plus dangereux. Certaines racines des arbres ressortent du sol, obligeant la petite fille à détourner de sa trajectoire auparavant totalement rectiligne. La végétation au sol augmente, l'herbe sauvage se fait de plus en plus nombreuse au détriment de l'herbe fraîche. Après plusieurs détours, les cheveux de la petite fille s'éclairent de nouveaux. Une clairière plus grande que la précédente s'offre à elle. L'hésitation qu'elle marque est plus importante, mais elle s'engouffre dans ce passage sans protection. Au sol, la mousse disparaît au fil des pas de la petite fille, laissant place à de la terre. Les pieds de l'enfant deviennent sales, ses pas sont plus hésitant, moins franc. Malgré cela, elle accélère légèrement l'allure, mais à peine les premiers arbres franchis, elle est obligée de ralentir, la végétation est noueuse, les chemins compliqués, les détours long et épuisants. Le sol terreux est jonché de multiples racines plus ou moins dangereuse, mais la petite fille les passe sans frémir. Du haut d'un chêne, un hibou hulule et donne une petite âme à cette forêt. La petite fille continue de marcher, malgré les racines et les détours, elle tente de garder la même allure. Soudain, une nouvelle clairière s'ouvre devant elle. Plus qu'une hésitation, la petite fille marque un arrêt, avant de s'élancer. Dans ses pas, l'on peut noter une certaine appréhension, les enjambées sont plus longues, comme si un danger planait et qu'il fallait se dépêcher. La moitié de la clairière franchie, les enjambées deviennent foulées, la petite fille court à présent, vers une sombre forêt, où les arbres ne se distinguent plus les uns des autres. Un seul chemin s'offre à elle, sans hésiter, elle s'engouffre dans ce sombre passage. Les racines sont hautes à présents, les détours sont épuisants, les passages compliqués, le chemin devenu piste est de plus en plus dur à suivre. Mais la petite fille ne renonce pas. Elle continue d'avancer, mais ses pas se font de plus en plus lourds, l'allure est moins nette. Puis plus d'arbres, une longue prairie s'étend devant ses yeux, au fond loin à l'horizon, des arbres. La petite fille s'arrête longuement, elle tourne la tête à droite, puis à gauche. Après un long soupir, la petite fille part s'allonger sur les racines d'un arbre.

Dans le silence de la nuit étoilée, une main ridée se pose sur l'épaule de la petite fille, les jambes allongées nous semblent bien frêles, le léger tremblement du corps nous interloque. La petite fille tourne la tête et pour la première fois regarde en arrière. C'est un sourire radieux qui m'accueille etun visage usé par le temps.

# Posté le mercredi 04 juin 2008 15:03

Modifié le mardi 08 juillet 2008 09:22

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