Iloa

Chapitre 1


Le silence était pesant, seul le bruit de ses pas sur les feuilles mortes résonnait. Le sol à peine éclairé par la lune, masquée par les branches et l'épais feuillage des arbres qui la surplombaient, elle évita de justesse une racine. Iloa courait le plus vite qu'elle pouvait depuis cinq minutes, ses poumons la brûlaient, sa gorge sèche la faisait souffrir à chaque instant, son coeur battant la chamade lui résonnait dans les tempes. Elle devait faire une pause, mais comment être sûr d'être à l'abri, après l'horreur qu'elle venait de vivre, elle n'était plus sûre de rien.

Le soleil se levait au-dessus des collines, offrant un merveilleux paysage au plus matinaux, l'heure du réveil au plus tardif. 7h35 environ, c'était l'heure à laquelle le soleil pénétrait dans sa chambre par la fenêtre, éclairant intensément toute la pièce, la contraignant à se lever. Les yeux cernés, la bouche encore un peu pâteuse, les muscles encore endormis, elle descendait les marches, une après l'autre une main bien ferme sur la rambarde au cas où. En bas de l'escalier, elle glissa ses pieds nus dans ses chaussons, elle se dirigea vers la cuisine.

Elle traînait les pieds, pas la force dès le matin de soulever les pieds. Mais quelque chose attira son attention, d'habitude, il n'y avait pas un tel silence qui régnait dans la maison. Souvent ces deux petits frères se disputaient, sa mère essayait de se faire entendre pour les calmer, son père s'en mêlait finalement derrière le journal de la veille. Mais ce matin-là, aucun bruit. Iloa s'arrêta, ne faisant plus aucun bruit, elle cessa même un instant de respirer, mais la douleur dans ses poumons lui rappela la nécessité d'inspirer et d'expirer. Elle voyait la porte de la cuisine à deux mètres, trois tout au plus, une ombre furtive passa devant puis disparue. Iloa serra les poings, elle avait les mains humides, ses yeux étaient totalement ouverts, elle était attentive au moindre bruit, le moindre souffle, la moindre ombre. Elle était partagée entre la peur et l'envie de savoir ce qui pouvait se passer derrière la porte de la cuisine. Elle se décida enfin, faisant un pas en avant, elle se rapprochait de l'entrée de la cuisine. Elle se mit contre le mur le plus proche de la poignée, elle y posa la main, une ombre traversa encore. Iloa fit pivoter la poignée.

Loin de s'attendre à ça, elle découvrit une large banderole, ses parents et ses frères l'attendaient, simplement pour lui souhaiter un joyeux anniversaire. Voilà qui expliquait le silence qui régnait dans la maison. Restait à régler l'histoire de l'ombre, Iloa analysa rapidement la cuisine. Il était impossible qu'une personne présente dans la cuisine ait pu faire une ombre pareille. Mais qui était à l'origine de cette ombre ? Elle s'en souciera plus tard, pour le moment, elle profitait de sa matinée très brève d'anniversaire avec ses parents. Après quelques embrassades, deux tartines avec du beurre et de la confiture, un bol de lait chocolaté et un jus d'orange, Iloa remonta pour prendre sa douche. Ses habits glissèrent sur ces courbes gracieuses, elle lança la douche, attendit que l'eau chaude arrive, puis elle pénétra sous l'eau, tirant le rideau de douche. Elle se frotta le corps, puis elle lava ses cheveux. Après quinze minutes sous la douche, elle posa le pied droit sur le tapis devant la douche, attrapa le peignoir qu'elle avait déposé sur le rebord d'un petit meuble, elle sortit de la douche ainsi vêtue. Elle saisit une serviette, entoura ses cheveux goûtant sur le sol, puis elle se frictionna les bras pour se réchauffer.

Après s'être rhabillée, elle se dirigea dans sa chambre, prépara hâtivement ses affaires d'école, elle se pressa de rejoindre ses frères pour ne pas rater le bus. Arrivée à leur hauteur, elle se pencha au-dessus de la route, pour voir si le bus n'était pas en vu. Et elle ne vit rien. Elle remonta légèrement sa manche, regarda sa montre, 8h12, ils étaient en avance, de trois minutes environ. Après deux minutes d'attente, le bus apparu au bout de la rue, Iloa tendit la main pour faire signe au chauffeur de s'arrêter, mais il continua sa route, comme si de rien n'était. Iloa pesta toute seule sur le bord de la route contre le chauffeur. Pourquoi avait-il continué, comme si Iloa et ses frères n'existaient pas. Mais alors qu'elle pestait, elle ne se rendit pas compte que le bus avait violemment freiné, puis fait marche arrière. Ce n'est qu'en entendant le bruit de la porte du bus qui s'ouvre qu'elle se retourna. Le chauffeur semblait gêné, il s'excusa de son mieux, disant qu'il n'avait pas réalisé où il était, c'est pour cela qu'il avait fait demi-tour. Iloa et ses frères montèrent dans le bus, s'installèrent côte à côte. Au fil du voyage, tous les élèves montèrent et le chauffeur en oublia quelques-uns, l'obligeant à faire quelques marches arrières. Il ne semblait pas bien ce jour-là, la mine assez morose, lui qui était toujours jovial, il conduisait sans réel plaisir, simplement par nécessité. Iloa n'était pas tranquille, elle fut rassurée d'arriver au collège. Elle accompagna ses frères jusqu'à l'école, puis elle entra dans le collège. La journée passa, lentement, les minutes s'écoulaient sur l'horloge de la salle 9, minutes « étudiantes » qui s'égrainaient doucement. La récréation de dix heures et demie arriva, les cinq cents élèves déferlèrent dans la cour, envahissant le grand espace vide qui leur était accordé, comme des lions en cages qui tournent en rond, chacun vaquait à ses occupations. Discussions, travail pour les plus tardifs, dégourdissement des jambes, la cour grouillait inlassablement. Iloa discutait avec ses amies, se promenant ou plutôt tournant en rond. La discussion tournait autour des garçons comme la plupart du temps, mais plus précisément sur Derio, un troisième, « beau gosse » comme le disait les filles. Il s'agissait plus précisément de l'attirance d'Iloa pour Derio.

- Alors Iloa, tu vas le voir quand ? fit Fery, une petite brune aux yeux verts

- Je sais pas encore... C'est pas facile... Je sais pas trop quoi lui dire...

- Mais c'est tout bè...bête, balbutia Tiphany, t...t...tu n'as qu'...qu'...qu'à lui dire qu'...qu'... t... tu l'aimes !

- Mais c'est pas aussi facile que ça Tiphany, s'écria Iloa, c'est dur... et je suis timide, tu le sais très bien !!!

- Ça va, t'...t'...t'énerve pas, je veux juste t'...t'aider..., rétorqua Tiphany.

- C'est bon calmez-vous toutes les deux, fait comme tu veux Iloa, mais à force d'attendre, y'en a bien une qui va te le piquer... et là, tu vas le regretter, expliqua Fery en s'éloignant.

Le départ de Fery marqua la fin de la discussion. La fin de la récréation retentit, les trois filles se dirigèrent vers leur cours de mathématiques. La leçon sur les équations n'avaient pas commencée que le professeur les rappela à l'ordre. Fery et Tiphany piaffaient devant les joues rouges d'Iloa. Cette dernière essayait de se cacher derrière ses cheveux, mais peu à peu toute la classe s'agita, la taquinant. C'est à ce moment que quelqu'un frappa à la porte. Le professeur bien trop occupé à essayer de calmer sa classe, n'avait pas remarqué le garçon qui était entré.

- Oh ! Désolé...Tu veux quoi ? dit le professeur
- Auriez-vous un feutre bleu pour M. Pesaten ?
- Oui, bien sûr, tiens voilà, fit le professeur en tendant le feutre
- Merci beaucoup, au revoir.
- Au revoir.

Le professeur se retourna, la classe était calme, toutes les affaires sorties, seule une table était vide, celle d'Iloa, toujours le visage masqué par ses cheveux.

- Mademoiselle Iloa, serait-ce trop vous demander que de sortir vos affaires ?

- Non Monsieur, désolé.

- Bien, aujourd'hui, nous allons commencer les équations...

Et le cours débuta, Iloa s'empressa de sortir son cahier rouge, sa trousse verte qu'elle ouvrit pour en sortir son stylo plume préféré. Elle feuilleta son cahier jusqu'à trouver la dernière page de l'ancienne leçon, elle tourna la page et commença à écrire le titre du nouveau cours.

L'heure et demie de mathématiques passa lentement, alternant cours et exercices d'applications. Iloa se sentit mieux au bout de quarante-cinq minutes, après avoir essuyé les boutades de ses camarades et le regard perçant de Derio lorsqu'il était rentré dans la salle de classe. Sous ses longs cheveux noirs, elle avait rougi de tout son être, ses oreilles l'a brûlé, ses petites joues rebondis étaient passé d'un rose pale à l'écarlate, elle essuyait ses mains moites sur son jean, sa respiration s'était subitement accéléré tout comme son rythme cardiaque. Pas de doute, elle était amoureuse de Derio.


Chapitre 2


L'heure du déjeuner arriva, Iloa, Tiphany et Fery se retrouvèrent dans un coin de la cour, jamais bien loin de Derio, au cas où Iloa aurait dans l'idée de demander à Derio de sortir avec elle. Peu de chance pensait Fery, mais Tiphany avait de bon espoir qu'Iloa se décide dans journée. Au vu du regard qu'Iloa portait sur Derio, Tiphany n'était pas loin d'avoir raison, elle avait simplement besoin de la provoquer un peu, juste histoire de l'aider à se décider un peu plus rapidement.

- Eh ! Iloa, regarde, y'a Marie qu'...qu'...qui regarde Derio, oh... j'ai l'impression qu'...qu'...qu'elle s'approche de lui...

- Quoi ?!?, C'est pas possible, sale garce, je vais lui montrer qui Derio mérite !!!

Iloa jailli d'un seul coup du banc sur lequel les trois filles étaient assises.

- Oh Oh... ! Je crois qu'Iloa est lancé..., dit Fery

- Oh qu'...qu'...que oui, ça va faire m...m...mal je pense..., lui répondit Tiphany

Iloa marchait d'un pas sûr vers Marie, Derio était à mi-chemin des deux lorsque l'altercation éclata. Derio entendait tout.

- Bonjour Marie, ça va aujourd'hui ?

- Depuis quand tu me parles toi ?

- Oh !... Toujours aussi aimable et gentille à ce que je vois

- Dégage t'es sur ma route là, s'exclama Marie

- Une route ? Où ça ?..., ironisa Iloa

- Te fous pas de ma gueule Iloa, t'as aucune chance en plus !!!

- Chance ? Tu sais que c'est pas de la chance ce genre de choses, et vu ta tête, je doute que tu lui plaises...

- Mais t'as vu ta tronche à toi, même un troll est plus facile à regarder.

- Oh, insultante en plus, tu progresses Marie...

- C'est bon, dégage, tu me soûles...

- Et tu vas faire quoi ?

- Ca te concerne ?

- Oh que oui, d'ailleurs...

- Eh les filles !!! s'écria Derio, si c'est de moi que vous parlez, je voudrais bien participer...

- Oh Derio... tu es toujours aussi beau, dit Marie

- Vipère, siffla Iloa

- Marie, tes mièvreries ne marchent pas, loin de là, c'est encore pire...

- Connard, lança Marie en s'éloignant

- Elle n'a jamais su être délicate celle là non plus..., marmonna Derio en se retournant

- Derio attend..., murmura Iloa en le retenant par l'épaule

- Oui Iloa, c'est pourquoi ?

- Euh...je voulais...je...

- Oui..., s'impatienta Derio

- Ça te dirai qu'on...

- Sorte ensemble ?

- Oui..., dit Iloa en s'empourprant

- Je sais pas trop Iloa... laisse-moi réfléchir... j'ai besoin de temps...

- D'accord... mais...tu...je...

- Oui tu me plais Iloa, mais c'est une décision importante, mais ne t'inquiètes pas trop...

- D'accord... Au revoir Derio...

- Au revoir petite Iloa...

Iloa repartit, effleurant les doigts de Derio, le sourire aux lèvres, le coeur allégé de ce poids qu'elle portait depuis des mois déjà. Elle retournait vers le banc où ses deux amies, Tiphany et Fery rigolait et discutait à voix basse. Iloa s'approcha, ses amies se turent.

- Alors les bécasses, qu'est-ce que vous disiez ?

- Non, rien... On parlait juste de cette peste de Marie et de la manière dont Derio l'a envoyé promener.

- Ah c'est tout ? Vous êtes sûre ?

- Bah...aussi la jolie déclaration que tu lui as faite, très maîtrisée..., lui dit Fery un grand sourire aux lèvres. Non sérieusement, on est heureuse pour toi.

- T...T...T...Très He...He...

- Calme toi Tiphany..., l'interrompit Iloa

- T...T...Très Heur...Heureuse p...p...pour t...t...toi

- Merci beaucoup les filles..., on va manger ?

- Toujours fidèle à toi-même Iloa...

- C'est ce qui fait mon charme

- D...d...de suite..., rigola Tiphany

Les trois filles se levèrent et pénétrèrent dans la cantine. Un repas hideux et dégoûtant les y attendaient. En entrée, une salade composée de haricots verts, maïs, petits pois, thon. Tout cela froid et en « gelée ». Bref une entrée pas très appétissante pour débuter un repas. Sur le plateau s'exhibait le plat principal, un semblant de couscous, sans sauce mise à part l'eau dans laquelle la semoule baignait. Les légumes froids croquaient encore sous la dent et rendaient encore de l'eau, comme si, celle dans laquelle la semoule baignait ne suffisait pas. En guise de fromage, un morceau de camembert, dur sur l'extérieur et coulant à l'intérieur, écoeurer les papilles des filles. Pour dessert, un flan à la pistache gisait dans une coupelle blanche, le coupelle retournée, le flan restait figé au fond, sans aucune animation. Pas très séduisant comme dessert, ce qui eu pour effet de reporter l'appétit des trois amies sur le pain, blanc et mal cuit, qui trônait au milieu de leurs plateaux. Au sortir de la cantine, les filles avaient encore, si ce n'est plus, faim qu'avant d'être entrée dans la cantine. Elles s'installèrent toutes les trois sur un banc à l'ombre, cherchant à masquer la faim qui leur nouait l'estomac. A leur suite, Derio sortit aussi, l'estomac plein de bonne nourriture.

Il était arrivé à la fin du service de couscous, si l'on peut l'appeler ainsi et avait eu droit au second service, l'entrée ne différait pas, mais le plat principal lui, changeait. Des pâtes bien cuites, accompagnait de sauce bolognaise et de boulettes de viandes. Ingénieux, il avait amassé une dizaine de morceaux de pains qu'il gardait en ses poches. Voyant les filles assises sur le banc, se torturant le ventre, il alla leur donner trois morceaux chacune pour calmer leur faim. Il s'assit à côté de Fery, à sa droite, Iloa mangeait son morceau de pain alors que Tiphany en glissait deux dans son sac à dos en vue de la récréation de 15 heures 30. Derio ne resta assis que peu de temps à côté de Fery, il rejoint vite ses amis. 14 heures, la sonnerie annonçait la reprise des cours. Les trois amies se dirigeaient donc vers une heure et demie de sport, c'était un cours que leur classe partageait avec celle de Derio. Pendant qu'elles s'épuisaient à courir un relais de deux fois quarante mètres, Derio et sa classe rigolaient en faisant de l'escalade. Dans le vestiaire, les filles des deux classes se mélangeaient, Iloa était au centre de la plupart des discussions. La nouvelle avait rapidement fait le tour de la classe. Du côté des garçons, Derio se faisait charrier par ses camarades de classe. Les professeurs vinrent ouvrir les portes, ce qui marquait le début des cours. Iloa sortit du vestiaire après toutes les filles, elle croisa le regard tendre et doux de Derio. Ses yeux bleus-gris la transperçaient tandis que les iris bleus d'Iloa glissaient sur le visage de Derio. Cette scène ne dura que quelques secondes, des secondes qui leurs parurent des heures. Puis ils se séparèrent pour rejoindre leur cours.


Chapitre 3


Le sport finit, le vestiaire sentait la transpiration et le déodorant mélangés. De l'autre côté, le vestiaire des garçons était ouvert, une odeur forte s'en dégageait. Lorsque Iloa, Fery et Tiphany passèrent devant l'odeur leur tira une grimace, puis un long fou rire qu'elles étouffèrent lors de la récréation. Encore une fois, elles se mirent sur leur banc préféré prêt de Derio qui vint à leur rencontre.

- Salut les filles !

- Bonjour Derio, répondirent-elles en choeur

- Iloa, je peux te parler ?

- Oui bien sûr...

Iloa se leva, et elle suivit Derio. Ils marchaient côte à côte, faisant le tour de la cour, ils discutaient.

- Voilà j'ai bien réfléchi Iloa

- Oui...

- Et je pense que...

- Oui...

- Ça serait vraiment bien qu'on sorte ensemble

- Oui...

- Iloa ???

- Oui ?

- Tu m'as entendu ?

- Oui...

- Tu es sûr ?

- Oui...

- Tu sais dire que ça ?

- Je t'aime Derio...

- Je t'aime aussi...

Leurs doigts se croisèrent, Derio ralentit, il fit pivoter Iloa et la prit dans ses bras. La sonnerie qui annonçait la reprise des cours interrompit leur premier moment d'amour. Ils se quittèrent à regrets pour une heure et demie. Quand Iloa fut rejointes par ses deux amies, elle était encore bouleversée par ce qu'elle venait de vivre. C'était son premier amour, le premier véritable, elle espérait de tout son être qu'il dure le plus longtemps possible. Tiphany et Fery mouraient d'impatience de lui poser des centaines de questions, mais elles devaient aller en cours.

Elles en profitèrent quand même le temps de la marche dans le couloir pour lui poser quelques questions, puis elles se turent en approchant de leur salle d'art plastique. Le professeur, Madame Nepel, ouvra la porte, les élèves s'infiltrèrent dans la salle. Pendant ce cours, les trois amies étaient séparées, Tiphany se trouvait à droite de la salle au premier rang, Iloa était à gauche au second rang, Fery était au centre face au professeur. Ce jour-là, le professeur décida de laisser libre cour à l'imagination de ses élèves. Fery ne trouvait pas l'inspiration, elle gribouillait deux trois dessins sur le coin de sa feuille, mais rien de bien précis. Tiphany avait débutée un portrait, mais les proportions n'étaient pas très bien respecté, le professeur la rappela à l'ordre. Elle lui corrigea la position des yeux, un peu trop bas, la bouche trop large et les oreilles trop décollées. Iloa, elle, avait entrepris de dessiner un paysage. Le professeur arrivant, elle regarda par-dessus l'épaule d'Iloa.

- Que dessines-tu Iloa ?

- C'est un paysage madame, il représente une plaine vallonnée, où les fleurs poussent sans limites. Les arbres fleurissent au printemps, les fruits mûrissent en l'été, et les feuilles tombent en automne, créant un merveilleux tapis rouge orangé. En hiver ses feuilles se dégradent et laissent le sol propre pour le printemps qui revient.

- Et comment vas-tu représenter tout ça ?

- Je ne sais pas encore madame, mais c'est pas les idées qui me manquent.

- Bien...j'ai hâte de voir ça.

- Bon les enfants, je vous donne trois semaines pour achever votre projet, j'ai vu que certains avaient bien avancé et que d'autres projets étaient encore au point mort. Bonne chance à vous et j'ai vraiment hâte de voir ce dont vous êtes capable.

Le cours durait une heure et demie, comme tous les cours habituellement, sauf ceux de latin, de biologie et de sciences physiques, qui duraient deux heures. L'heure et demie d'art plastique s'acheva. Fery avait commencé le dessin d'une chambre, Tiphany mettait forme à son portrait quant à Iloa, son paysage prenait vie. Les élèves rangèrent leurs affaires, nettoyèrent leur table, ceux qui avaient utilisé des pinceaux les rincèrent, d'autres mirent leur feuille A3 dans la réserve. La sonnerie retentit et déjà des élèves étaient sortis, anticipant la fin du cours. Iloa sortit, Tiphany la suivait et Fery arriva. Elles parcoururent le couloir en quelques minutes, Fery prit son bus, Tiphany monta dans la voiture de sa mère, Iloa se laissait guider par Derio. Ils montèrent dans leur bus, s'installèrent vers le fond du bus, l'un à côté de l'autre, main dans la main. Les pimbêches du fond du bus jasaient, ceux de l'avant se retourner pour voir le couple, à croire que leur couple était si exceptionnel que cela. Mais ils n'y faisaient guère attention, seul leurs regards existaient, absorbé l'un par l'autre, leurs lèvres se croisèrent, un tonnerre d'applaudissement retentit dans le bus. Iloa se rappelait alors la fin de Titanic, et un sentiment de gène l'envahit. Derio essayait de se cacher derrière le siège sans succès, les joues rouges, il était aussi gêné qu'Iloa, mais il le montrait beaucoup plus. Seul une personne n'avait pas applaudi, une de ces pimbêches du fond du bus, plutôt une peste, une vipère, Marie. Le regard noir, Marie maudissait Iloa, elle lui avait piqué le garçon qu'elle voulait et elle le payerait.


Chapitre 4


Iloa et Derio descendirent du bus au même endroit, Derio avait insisté pour accompagner Iloa jusque devant chez elle. Cette dernière dit à ses frères de rentrer, elle n'en avait pas pour longtemps. Iloa et Derio s'enlacèrent.

- Tu m'appelles ce soir ? demanda Iloa

-Bien sûr !!!

- Marie m'inquiète, elle nous regarde d'un air mauvais, violente et rancunière comme elle est, j'ai peur qu'elle fasse quelque chose...

- T'inquiètes pas Iloa, elle ne te fera rien, si elle te touche, elle aura de gros problème avec moi !

- D'accord... A 21 heures ce soir, je devrai avoir fini de manger...

- Pas de problème... enfin si...

- Quoi ?

- Euh... ton numéro de portable...

- Ben quoi ?

- Ben... il se trouve que je ne l'ai pas...

- Oh... pardon...

Iloa donna donc son numéro à Derio, elle l'embrassa et rentra chez elle. Derio se retrouva seul, il lui restait deux kilomètres à pied pour enfin arriver chez lui, un passage compliqué au bout de quelques centaines de mètres, Marie vivait là, elle l'attendait, il le savait. Il se mit donc en route, les premiers mètres furent les plus durs, mais quand il fut lancé, il marcha à un bon rythme. Ce qu'il avait espéré depuis son départ de chez Iloa s'était produit, Marie ne l'attendait pas. Il força l'allure, à proximité de la maison de Marie, il s'abaissa pour se dissimuler derrière les bosquets bordant l'immense jardin. L'endroit le plus critique apparaissait devant Derio, le portail ne lui offrait aucune cache, il était à découvert et à la vue de toutes les fenêtres de l'immense bâtisse. Il espérait seulement que la distance qui séparait la maison du portail lui permettrait de passer inaperçu. Derio arriva à la fin du dernier bosquet avant le portail de quatre mètres de large. Il resta caché quelques secondes, puis il s'élança. Il ne lui fallut que deux maigres secondes pour traverser ce point à découvert, mais il fut soulagé lorsqu'il atteint le buisson derrière lequel il pouvait se masquer.

La nuit tombait rapidement sur la forêt bordant la route où habitait Derio, Iloa et Marie. Ce premier était arrivé chez lui deux heures plus tôt. La seconde rêvassait, allongé dans son lit, sur l'avenir merveilleux qui l'attendait avec Derio. Quant à la dernière, elle marchait paisiblement derrière la lueur d'une lampe de poche, sur le bord de la route.

Iloa descendit manger, ses parents partis à une soirée avec ses frères, elle se retrouvait seule. Enfin elle allait pouvoir regarder la télé sans que lui soit imposée les programmes. Elle se prépara donc un plat de pâtes, accompagné de gruyère râpé, elle y ajouta un peu de sauce bolognaise et alla s'installer devant la télé. Le salon était assez spacieux, l'écran plat accroché au mur, juste à côté de la fenêtre. Face à ce mur, un grand canapé dans lequel s'était assise Iloa, un fauteuil. Derrière elle, un meuble où sa mère rangeait toute la vaisselle précieuse qu'elle possédait. Verres en cristal, assiettes de porcelaines, couverts en argent, tout était dans ce meuble. Une porte fenêtre s'étendait juste à côté de ce meuble, offrant une vue sur le jardin. Iloa alluma la télé, le journal de vingt heures résonna, elle zappa quelques minutes, pour finalement revenir sur le journal qui venait de débuter. Allongée comme les empereurs romains, Iloa dégustait son assiette de pâtes, sans se douter de ce qui se tramait à l'extérieur.

Marie avait quitté sa maison, une lampe de poche à la main, elle marchait d'un pas assuré vers le domicile d'Iloa. Dans la pénombre nocturne, impossible de distinguer ce qu'elle portait dans le dos, semblable à un gros sac à dos, ni à la ceinture. Marie marchait, sans se retourner, même pas au klaxon d'une voiture qui passait par là. Elle avançait irrémédiablement, son pas lourd sur la chaussée résonnait un instant, chacun de ses pas sonnait plus déterminé au fil de son avancée. Marie finit par ralentir l'allure à l'approche de la maison d'Iloa, ses pas crissaient sur le sol à présent, elle posait délicatement ses pieds sur le sol pour atténuer le moindre bruit, ses déplacements étaient furtifs, aucun de ses gestes n'étaient superflus. La fluidité de ses mouvements laissait paraître l'incroyable décontraction dont elle était animée, mais son avancée indiquait la surprenante détermination qui la stimulée. Marie voyait à présent la maison d'Iloa, un léger grognement sortit de sa gorge, puis le silence de la nuit. Elle continuait d'avancer, puis elle se figea, accroupie derrière un petit arbuste, elle éteignit sa lampe torche, elle étudiait le moindre mouvement, l'environnement général. Elle se releva doucement, un craquement de branche retentit à quelques mètres d'elle, elle se dissimula. Derio marchait dans l'allée principale, le projecteur de l'entrée se mit en route et Marie se retrouva éclairée malgré elle, mais l'arbuste remplissait totalement son rôle. Elle voyait tout, personne ne la voyait. Derio sonna une première fois, rien ne se passa, il frappa à la porte, celle-ci s'ouvrit. Marie entendit des bruits de dialogue au loin, puis le silence de la nuit. La porte claqua, le projecteur s'éteint, laissant la nuit reprendre ses droits. Marie s'éclipsa dans la direction opposée à l'allée principale, le projecteur représenté un trop gros danger. Elle se retrouva donc dans le jardin. Elle posa un genou à terre, regarda le moindre coin. Une piscine dans un coin, entourée d'arbuste semblable à celui derrière lequel elle s'était cachée. Un potager, un parterre de fleur, une petite cabane, sûrement pour ranger les outils de jardinage. Rien de gênant en apparence, mais lorsque l'arrosage automatique se lança, Marie maudit la technologie. Elle alla se mettre à l'abri dans la petite cabane, puis elle attendit. Cinq, dix ou quinze minutes, elle n'en avait aucune idée, mais l'arrosage s'était arrêté, la fête pouvait commencer.

Derio avait appelé Iloa plus tôt que prévu. Il n'avait pas résisté à l'envie d'entendre sa voix. Après deux essais, Iloa décrocha enfin.

- Iloa ?

- Oui, comment vas-tu depuis tout à l'heure ?

- Très bien et toi ?

- Ça va bien, je regarde la télé... je suis toute seule ce soir

- Oh... soirée télé en prévision alors...

- Oui, mais j'aimerais la passer autrement que seule...

- Est-ce une invitation ?

- Prends le comme bon te semble, mais viens ici si tes parents sont d'accords

- T'inquiètes pas pour eux...

- Tu seras là dans combien de temps ?

- Disons une petite demi-heure

- D'accord je t'attends, bisous

- Bisous.

Derio partit dans l'instant, ne prenant même pas la peine d'en informer ses parents. Il marchait assez rapidement, ce qui eu pour conséquence de le faire arriver en avance. Il hésita un instant à rentrer ainsi, puis il avança. L'allée centrale était bordée de galets, les gravillons crissaient sous ses pas. Après une dizaine de mètres, le projecteur lui éclaira le passage et il put avancer en toute sécurité. Arrivé sur le pas de la porte, il chercha des yeux la sonnette, savamment dissimulée en pierre d'accueil. Il sonna une fois, mais rien ne se passa, il frappa donc à la porte trois coups, Iloa ouvrit.

- Ah ! C'est toi, je t'attendais un peu plus tard c'est pour ça que j'ai pas ouvert de suite.

- Pas de soucis.

- Entre, je t'en pris

Derio passa la porte et Iloa la claqua. Derio ôta ses chaussures, se retrouva en chaussette sur un sol tiède contrairement à ce qu'il s'attendait. Chauffage central par le sol lui dit Iloa, ce qui lui tira un grand sourire. Ils s'installèrent tranquillement dans le canapé devant l'écran. Iloa posa son assiette de pâtes sur une petite table à côté du canapé, elle se blottit dans les bras de Derio. Ils s'embrassaient inlassablement, la télé continuait de tourner. Soudain, Derio eut un sursaut.

- Tu n'as rien entendu ?

- C'est rien, juste l'arrosage automatique, dans dix minutes il s'arrêtera tout seul.

- Ah !...J'ai eu peur...

Et ils recommencèrent à s'embrasser. La météo passa, le film allait débuter, quand un bruit de verre brisé retentit.


Chapitre 5


Marie sortit de la cabane, posant un pied devant l'autre prudemment, elle était à la limite de glisser sur l'herbe détrempée à chacun de ses pas. Elle s'approchait lentement de la porte-fenêtre. Elle atteint le mur de la maison, bordé de gravillons. Elle veillait à ne faire aucun bruit. Elle avançait doucement, pesant le moindre de ses pas, elle approchait de plus en plus. La lumière que dégageait la télé vint éclaircir Marie. Son sac à dos était en fait un gros bidon dans lequel basculait un liquide. A sa ceinture, deux énormes pistolets, une impressionnante lignée de munitions à sa portée. Marie dégaina celui qui se trouvait à droite, puis celui à gauche. Elle se recula de quelques pas, elle fit feu.

La porte-fenêtre explosa dès la première balle, la seconde toucha la télé qui explosa à son tour. Des cris de panique provenaient de l'intérieur de la maison. Marie rengaina ses pistolets, elle sortit du sac à dos une lance raccordée au bidon. Marie sortit un briquet, l'alluma, appuya légèrement sur la gâchette située à l'extrémité de la lance et elle passa le briquet devant l'autre extrémité de la lance. Une gigantesque flamme jaillit, mettant feu à tout un pan de mur. Marie se recula, lança un rire machiavélique et elle appuya férocement sur la gâchette. Une flamme de cinq à six mètres sortait de ce lance-flammes, les murs crépitaient sous le feu, à l'intérieur, le meuble brûlait, le canapé fumé et le fauteuil était déjà à moitié rongé par les flammes. Marie rangea sa lance, elle sortit un énorme fusil à pompe de l'intérieur d'un sac qu'elle portait sous le bidon. Avec une féroce énergie, elle tira quatre coups à l'intérieur de la maison en feu.

- Alors les petits, on a peur ?

Marie entendit un bruit de porte qui claque, Derio et Iloa s'échappaient par-devant. Marie laissa tomber son fusil à pompe et elle dégaina ses deux pistolets. Elle courait, faisant le tour de la maison par le chemin qu'elle avait emprunté à l'aller. Arrivée à hauteur de la façade, elle vit Derio courir à toutes jambes et Iloa qui le précédait. Elle s'élança, en quelques secondes, elle se rapprocha de Derio, les pistolets braqués devant elle, elle faisait feu. Elle tira seize balles, qui n'atteignirent pas leur cibles. Tout en courant, Marie rechargea avec une habileté déconcertante, elle fit feu de nouveau. Cette fois-ci une de ces balles atteignit sa cible. Derio hurla de douleur en recevant une balle dans l'épaule. Sa course fut ralentit, Marie se rapprocha de lui encore plus rapidement. Inconscient, Derio s'arrêta et fit face à Marie.

- Cours Iloa !!! Cours !!!, hurla t-il

Marie s'arrêta, elle aussi. Sans ciller, elle déchargea, les deux chargeurs heurtèrent le goudron dans un bruit sourd. C'est à ce moment précis que Derio s'élança sur Marie. Mais la distance à parcourir était trop longue. Arrivé à deux mètres d'elle, il hurla encore plus fort que la première fois. Marie avait rechargée. Sans bouger, elle tira une seconde balle qui vint se loger dans la cuisse droite de Derio qui fut contraint de poser genou à terre.

- Alors fils de chienne, je ne te mérite pas c'est ça !!!!

- Non, Marie...

- Ta gueule vermine !!! Tu ne mérites pas de m'adresser la parole

Marie appuya sur la détente et une autre balle traversa la cuisse gauche de Derio. Il se retrouva à genou. Marie s'approcha un peu de lui, elle lui appuya les deux pistolets sur le front et sans bouger appuya sur la détente. Derio s'effondra sur le sol, sa tête fit un bruit horrible lorsqu'elle heurta le sol, Marie regardait un sourire aux lèvres. Puis sa bouche se contracta et dans un cri rageur, elle vida ses deux chargeurs sur le corps de Derio. Marie déchargea encore, elle rechargea et se mit en route. En passant, elle mit un grand coup-de-pied dans le corps inanimé de Derio et elle s'élança à la poursuite d'Iloa, qui s'était réfugié dans la forêt.

Le silence était pesant, seul le bruit de ses pas sur les feuilles mortes résonnait. Le sol à peine éclairé par la lune, masquée par les branches et l'épais feuillage des arbres qui la surplombaient, elle évita de justesse une racine. Iloa courait le plus vite qu'elle pouvait depuis cinq minutes, ses poumons la brûlaient, sa gorge sèche la faisait souffrir à chaque instant, son coeur battant la chamade lui résonnait dans les tempes. Elle devait faire une pause, mais comment être sûr d'être à l'abri, après l'horreur qu'elle venait de vivre, elle n'était plus sûre de rien. Iloa se réfugia en haut d'un vieux chêne, à l'abri des regards, elle était masquée par l'épais feuillage de l'arbre, mais pas à l'abri de balles perdues.

Marie changea de stratégie pour Iloa, la forêt brûle bien si on l'aide un peu. Elle rangea ses pistolets, sortit sa lance et avec le même rituel que derrière la maison, elle commença à mettre le feu aux arbres.

- Salope de garce, viens par là que je te crève comme ton copain. Lui a eu le cran de s'arrêter, toi sa chienne de service, viens par là que je te troue la peau. Où te caches-tu peureuse, j'espère que tu trembles comme une gamine, que tu te pisses dessus comme un bébé. Tu n'es rien, sale pute de merde, viens là que je vois ton corps brûler. Je veux te voir trembler et pleurer comme une merde, me supplier de t'épargner, je veux voir ton sang couler sur le sol !!! Je veux te tuer putain, ramène-toi qu'on en finisse, amène ton cul de salope que je le brûle, amène ta tête de pute que je la perce de mes balles.

Iloa entendait quelqu'un crier au loin sans vraiment comprendre ce qu'il disait. C'est ainsi qu'elle comprit que le tireur était encore loin. Dans un effort surhumain, Iloa descendit de l'arbre dans lequel elle s'était caché et elle commença à courir. Elle avait une idée en tête, mais c'était risqué. Elle voulait contourner le tireur par la droite ou la gauche, mais pour cela elle devait s'éloigner pour ne pas être entendu. Elle commença donc à courir en essayant de faire le moins de bruit possible. Son but était d'atteindre la route le plus rapidement possible. Au fil de sa course, elle se fiait aux cris incessants du tireur. Mais fut un moment où le tireur se tut. Iloa s'arrêta net elle aussi, attentive aux moindres bruits de la forêt. Elle crut distinguée un bruit de bois rompus, mais c'est une chaleur inhabituelle qui la surprit. La forêt était en feu et ce dernier progressait rapidement. Iloa s'élança, ses bruits de course masqués par les mugissements du bois brûlé. Iloa était griffée de partout par les branches et les feuillages au sol. Mais elle atteint finalement la route. Véritable coup de chance ou coïncidence, une voiture arrivait un peu plus loin, mais assez lentement. Pieds nus mutilés, Iloa trouva encore la force de courir vers la voiture, mais Marie s'interposa. Ce n'est qu'à ce moment précis qu'Iloa découvrit qui était à l'origine de tout ce massacre.

Marie avait dégainé une fois de plus ses deux pistolets, pointant Iloa sans hésiter.

- Alors petite conne, on fait moins la maligne maintenant.

- Qu'est ce qui te prend Marie !!!

- Tu m'as piqué Derio !!!

- Il ne t'aimait pas !!! Je n'y suis pour rien !!!!

- Ferme-la vipère !!!! Siffla Marie, tu n'es qu'une salope, tu ne mérites que de mourir.

Epilogue


Mais Marie n'eut pas le temps de tirer, une balle traversa son coeur et elle s'effondra, un filet de sang au coin de la lèvre.

- Police, ne bougez pas !!! Mains en l'air, tournez-vous !! Voilà, allongez-vous sur le sol maintenant !!!

Iloa obéit sans rien dire, elle sentit qu'on lui palpait le torse, puis un grand vide... Elle se réveilla allongé dans un lit d'hôpital, son père et sa mère de chaque côté du lit et ses frères au bout. Elle voulut se tourner, mais une douleur l'en empêcha. Elle voulut parler, mais la même la douleur l'en empêcha.

- Chut, lui dit son père, on repassera demain promis...

Il lui déposa un baiser sur le front, sa mère fit de même, puis ils disparurent. Iloa s'endormit, un long sommeil. Sans réveil...
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# Posté le lundi 05 mai 2008 09:56

Modifié le mardi 08 juillet 2008 10:01

Histoire Eternelle...

Histoire Eternelle...
Chapitre I

Miru vivait dans un petit village entouré de collines, dans la vallée de L'Ualio, au fond de l'Emulia. Petit pays ou vaste état, Miru n'en savait rien. Jamais elle n'avait quitté cette vallée. Douze ans de sa vie, passés à grimper le long des sentiers des collines, accompagnée d'Eviary, sa meilleure amie. Elles passaient la majeure partie de leur temps à errer dans les bois, à profiter de la magie de la nature, imaginant toute sorte d'endroit comme une salle de réunion royale, ou un salon de thé, où deux souches d'arbres faisaient offices de sièges et le tronc, aplanit par l'érosion et les divers insectes, servait de table. Miru et Eviary se retrouvaient ainsi très souvent après les cours et pendant les vacances. Les saisons passèrent, alternant toujours Eturial et Amurial. Tous les six mois à la même heure, la température changeait brusquement, les nuages arrivaient ou partaient précipitamment. Le professeur de Miru lui avait dit, pendant un cours, que les saisons avaient d'autres <noms souvent donnés par les habitants eux-même. L'Eturial était une période de joie, de fêtes, où le soleil était présent. L'Amurial était la saison des esprits, où les habitants évitaient de sortir de chez eux, et encore plus de s'aventurer dans la noirceur des bois. Mais Miru n'écoutait pas et même si au fil des années Eviary l'abandonna, elle n'arrêta jamais de se rendre sur cette souche, pour repenser à sa jeunesse passée.

C'est à l'age de seize ans qu'elle vit pour la première fois cette petite lueur verte à coté d'elle, puis a plusieurs reprises dans ses ballades. Un soir, elle l'aperçut sur un tronc d'arbre imposant qui lui barrait la route. Elle était pourtant certaine d'avoir empruntait ce chemin des centaines de fois, et jamais elle n'avait vu cet arbre majestueux, et cette petite lueur qui en émanait. D'un naturel curieux, elle s'approcha prudemment, lentement, regardant à chacun de ses pas s'il n'y avait personne, mais c'était la saison « noire », et aucun être raisonnable, hormis Miru, ne s'aventurait dans la forêt. Elle était de plus en plus proche, il lui semblait que la pénombre se noircissait au fil de ses pas. Elle était maintenant presque collée à l'arbre, elle rayonnait aussi de cette lumière verte, en tendant le bras, elle pouvait atteindre le tronc, l'effleurer ou même le toucher, juste un instant. Les minutes passèrent sans que Miru s'en soit aperçu. Elle hésitait entre le désir de savoir et l'étrangeté que représentait un tel phénomène. Son bras s'allongea, ses doigts serrés se décontractèrent, et vinrent effleurer l'immense tronc d'arbre. Une sensation de picotement dans le bras, comme des petites aiguilles qui pique, la surpris agréablement, mais elle préféra retirer le bras brusquement, quand elle sentit le picotement remonter le long de son épaule, puis de son cou. Elle avait instinctivement fermé les yeux au contact du bois. Lorsqu'elle les rouvrit, la nuit était tombée, et l'arbre était toujours là, mais la lueur ne venait plus de lui, mais de Miru. Même à travers ces vêtements, la lueur lui permettait de voir clairement à deux mètres autour d'elle. L'inquiétude monta, elle devait rentrer chez elle, mais que dirait ses parents en voyant leur fille entourée d'une aura verdoyante et revenant de la forêt. Elle imaginait sa mère affolait, hurlant de tous les cotés, et son père la déshabillant pour voir d'où émanait cette lumière. Sortant de ses pensées, elle se dirigeait vers le village, cherchant une solution à son problème. A la limite de cette forêt qui était devenue la sienne, elle remarqua que la lueur n'éclairait plus que quelques centimètres autour d'elle. Songeant à ce qui venait de se passer, elle recula de quelques pas et un cercle de quatre mètres de diamètre apparu. Miru se sentit soulagée, et elle rentra chez elle.

Ses parents sentirent un poids se lever de leurs épaules, chaque fois que Miru partait le matin, ils n'avaient qu'une peur : Qu'elle ne revienne pas le soir. Alors qu'elle avait passé la porte, Miru alla embrasser ses parents, et elle monta dans sa chambre. C'était une petite pièce, comportant un lit, un petit bureau et une étagère. Les murs étaient blancs, là où les autres adolescentes couvraient leurs murs de photos et de posters. Mais Miru trouvait ça inutile. Elle s'allongea sur son lit, rêvassant, repensant vaguement à ce qu'elle venait de vivre. Cette lueur verte, cet arbre, cette sensation de bonheur, ce petit picotement qui était encore là, au fond de sa poitrine. Elle ne l'avait pas encore ressentie avant d'être allongée. Elle avait envie de dormir, elle sentait son corps s'alourdir, ses paupières se fermèrent et un éclair vert l'aveugla, lui faisant rouvrir les yeux. Une goutte de sueur coula le long de sa tempe gauche. Elle se redressa, et descendit, le c½ur vrombissant, le corps endormi malgré les maigres secondes qu'elle avait passés allongée. Elle n'ouvrit pas la bouche du repas, et quand celui-ci fut achevé, elle débarrassa et retourna dans sa chambre. A peine avait-elle fait coulisser sa porte, que son corps lui parut flotter dans les airs.

Miru était pleinement éveillée, mais elle faisait tout au ralenti. Elle sentait que quelque chose d'étrange se produisait au niveau de ses jambes, malgré de faibles mouvements, elle traversa sa chambre et atteint son lit plus vite que si elle avait couru de toutes ses forces. Elle ne touchait plus le sol. Regardant le sol, deux centimètres sous ses pieds, elle ne voulait y croire. C'est seulement après un intense effort de concentration, qu'elle sentit enfin ses orteils puis ses talons toucher le sol. Lorsqu'elle fut sur qu'elle touchait le sol, elle relâcha sa concentration et sentit le poids de son corps sur ses jambes sans forces. Miru s'effondra, mais sans vraiment y penser, elle s'éleva de quelques millimètres, ce qui laissait paraître qu'elle touchait le sol. Elle s'exerça encore un peu, essayant d'adopter sa vitesse au balancement de ses jambes. Epuisée par l'effort de coordination, elle se coucha, heureuse de maîtriser un peu ce nouveau pouvoir. Alors qu'elle fermait les yeux, elle fut de nouveau aveuglé par cet éclair vert. Réouvrant les yeux, elle sentit une goutte de sueur couler le long de sa tempe gauche, le même appelle de sa mère pour le repas, la même discussion. Elle avait déjà vécu ce moment, il s'était passé quinze minutes, pourtant l'horloge du salon indiquait la même heure. Elle remonta dans sa chambre, mais ne sentait pas vraiment la fatigue, juste une petite excitation, et un léger picotement à coté de son c½ur. Le besoin de dormir l'avait quitté à tout jamais. Elle le savait.

La nuit était sombre, et Miru profitait de la douceur du vent sur son visage. Elle voletait de temps à autre à quelques mètres du sol dans les rues désertes de son village. Elle apprenait à maîtriser son don. La pale lueur verte qui l'entourait, était devenu une lumière bleu ciel, qu'elle pouvait canaliser en un faisceau blanchâtre de forte puissance. Elle sentait les choses, les yeux fermés, elle savait où se trouvait chaque objet, elle voyait l'image de la ruelle comme en plein jour, mais il était toujours tard, et elle avait les yeux fermés. Miru s'était assise sur les marches devant une maison. Elle ouvrit les yeux et s'aperçut que la nuit l'empêchait de voir à plus de trois mètres alors que les yeux fermés, elle sentait qu'elle aurait pu voir une fourmi à des milliers de kilomètres. Mais elle sentait qu'elle s'épuisait au fur et à mesure. Il fallait qu'elle se limite à ce qu'elle maîtrisait et qu'elle essaye chaque soir d'étendre ses capacités. Elle se releva, s'appuyant à un petit arbre à coté de la maison, ses jambes tremblaient, l'envie de s'élever de quelques millimètres la bouscula, mais elle continua, essayant de mettre un pied devant l'autre, elle bascula en avant et se retrouva face contre terre, dans l'herbe humide. Elle réitéra sa tentative plusieurs fois, sentant une légère amélioration.

Le jour se faisait sentir, Miru ouvrit les yeux, et le scintillement de la rosée sur l'herbe l'éblouit un instant. Un maigre rayon de soleil avait percé les nuages de l'Amurial. de mémoires de professeurs, il y avait près de 6000 ans que le soleil se cachait sans apparaître. Ce petit rayon était un signe d'une époque révolue. Mais qui allait croire une adolescente, loin de chez elle à une heure pareille ? Personne. Le désarroi s'empara d'elle, un phénomène historique s'était produit, et elle ne pouvait en parler. Le jour était levé, et les rues s'animaient petit à petit.

Miru rentra dans sa chambre par la fenêtre, et descendit prendre son petit déjeuner. Elle pris son sac à dos et partit pour le lycée. Sur le chemin, Eviary l'avait rejointe et elles discutèrent brièvement de leurs soirées. Un peu plus loin elles aperçurent la cause de leur éloignement. Ethru était là, 1m78, brun aux yeux bleu, un beau gosse charmeur, sans grande considération pour les femmes. Mais ilattirait la plupart des filles, dont Eviary et Miru. Or ce jour là, seule Eviary alla lui parler, Miru continua sa route vers sa salle, sans un regard pour Ethru. Eviary la regarda passer, avec une lueur de victoire au fond du c½ur. Elle jubilait d'avoir enfin obtenu ce qu'elle voulait. Elle s'était volontairement éloignée de Miru, comme une punition de lui tenir tête. Mais Miru n'en avait plus rien à faire d'Ethru. Son don lui suffisait. Elle entra en cours, et sa journée passa, elle se surprit en Dessin, où elle découvrit un véritable talent. Les cours s'achevèrent à 17 heures, et les 80 élèves, collège et lycée confondus, sortirent. Miru s'échappa et fila tout droit chez elle. Après avoir finit ses devoirs, elle sortit faire un tour. La lueur du soleil derrière les nuages tentait le ciel d'un orange délicat. Mais l'amas nuageux était trop important pour qu'un rayon traverse.

D'après ses calculs, il restait environ 200 nuits avant que le soleil ne reprenne le dessus. Tant de nuits à errer sans but dans les rues déserte. C'est ainsi qu'elle eut envie de découvrir ce qu'on lui avait toujours caché. Le monde derrière la colline. Depuis toujours, cet endroit était interdit et était devenu inaccessible, à la suite d'éboulement, pour quiconque ne pouvait voler.



Chapitre II


Ethru était étendu sur son lit, avec la sensation que plus jamais il ne pourrait fermer les yeux sans revoir Miru lui passer devant sans un regard ; sans ressentir le vide qui s'était installé dans son âme tout entière. Et cette sangsue d'Eviary qui ne le lâchait jamais. Rien que son nom lui soulevait le c½ur, il ne pouvait pas la supporter, et elle le collait.

Ethru avait chaud, il se sentait vraiment mal, il avait besoin d'un bon verre de jus de magole, sorte d'orange pamplemousse à l'allure d'un kiwi jaunâtre. Il descendit donc dans la cuisine plongée dans la pénombre. A tâtons, il décela la poignée du frigo et l'ouvrit, ce qui lui révéla le reste de la cuisine. Il sortit donc un grand verre, le remplit de jus de magole et s'installa à la table. Assis devant son verre à moitié vide, il voyait, encore et toujours, ce doux visage qu'il chérissait tant, l'ignorait. Envie de s'évader de ses sombres pensées, il pris soin d'ouvrir la porte avec le moins de bruit possible. Il se retrouva sur le pas de la porte. Il ferma cette dernière avec le même soin qu'il avait mit à l'ouvrir.

La nuit était douce et légèrement humide. Son verre à la main, Ethru s'assit sur le rebord du pas de la porte, s'adossant à cette dernière. Il respirait avec de grandes inspirations, jetant un coup d'½il d'un coté et de l'autre de la rue déserte qui s'étendait de part et d'autre de sa maison. Il se releva, quelques minutes plus tard, laissant son verre vide derrière lui. Ethru remarqua que la nuit était claire pour la saison et il voyait assez bien au sol pour s'allonger, dans l'herbe du petit jardin, à l'arrière de sa maison attendant un peu que son mal-être se dissipe. Alors qu'il s'asseyait dans l'herbe humide, son regard se porta sur la colline interdite, comme le disait si bien les professeurs du lycée. Elle paraissait encore plus inquiétante que le jour. Comme si le mal émanait de cet endroit. Jamais personne ne parlait de ce qui pouvait se trouver au delà, et en réfléchissant bien, il se rendit compte qu'il ne savait rien de ce qu'il pouvait exister au delà des collines et forêts qui entourait le village. Il s'allongea dans l'herbe, rêvant à ce qu'il pourrai découvrir. Ethru se redressa, des images de paradis plein la tête, mais un mouvement furtif le tira de ses rêves.

Au loin, il aperçut une boule noire se déplaçait à une vitesse folle. Et cette chose semblait gravir la colline interdite. Son rêve le plus fou se réalisait sous ses yeux, quelqu'un avait le même désir d'évasion.

Miru se trouvait en bas d'un tas de gravats, et de rochers menaçant. Elle sentait l'excitation, monter en elle et l'adrénaline l'envahir. Elle était sur le point de gravir les étapes d'un secret bien gardé. Le doute s'empara d'elle, peut-être y avait-il une raison plus puissante qu'elle ne le penser, mais l'envie l'emporta et elle posa le pied sur la première pierre. Elle perdit l'équilibre et se rattrapa de justesse à un gros rocher.

Miru ne contrôlait pas encore totalement son don, et l'excitation lui avait fait perdre sa concentration. Après avoir fait passer ce moment d'enthousiasme, elle reposa son pied au même endroit et sentit cette douce sensation de poser ses pieds sur des coussins. Sans aucun soucis, son second pied s'éleva et se posa sur un tertre. La première étape était franchi mais pour atteindre un second palier, il lui fallait prendre une impulsion. Bien sur, elle aurait pu s'envoler sans soucis, mais cela l'épuisait et elle aurai peut-être besoin de force plus loin dans son ascension. Miru plia ses jambes, et pensa fortement à une impulsion sous ses pieds, et elle s'éleva. Elle se sentait libre, elle flottait dans les airs, mais la réalité la rattrapa. Son impulsion n'avait pas été assez forte, et s'envoler sans surface pour s'élancer était épuisant, mais alors comment faire ? Elle voyait le palier, il allait lui manquer un petit mètre tout au plus. Alors qu'elle avançait, elle vit un rocher, y pris appui et se balança de l'autre coté.

Elle se déplaçait à une vitesse folle , mais elle avançait aussi beaucoup plus vite. C'est ainsi qu'elle atteint ce qu'elle considéra comme le quatrième palier. Mais à peine fut-elle arrivée, qu'elle glissa et sa main heurta violemment la pointe d'un rocher. Une douleur atroce lui engourdi tout le bras, mais à son grand étonnement, il n'y avait aucune goutte de sang. Il n'y avait qu'une large entaille en travers de sa main. Mais la plaie se resserra et elle ne fut plus rien au bout d'une dizaine de minutes. Miru était adossée à un rocher, ses tempes battaient au rythme de son c½ur. Elle commençait à reprendre son souffle lorsqu'un bruit la fit tressauter.

Ethru sentait l'enthousiasme le gagnait et l'envie de rejoindre cette sorte de sauveur l'emplit. Il retourna dans sa chambre, se changea, pris de quoi manger et boire, après quoi il se mit en route vers la colline interdite. Il traversa l'intégralité du village, avec la tête toujours levée vers son but. Il arriva au pied de la colline , voulu poser le pied sur la première pierre, comme l'avait fait Miru un quart d'heure avant, mais lorsqu'il s'approcha du rocher, son pied fut projeté en l'air, ce qui le fit basculer.

Allongé sur le sol, il perçut une faible lueur violette flotter au dessus de sa tête. Il se releva à grand peine, car dans sa chute, il avait heurter un de ces petits cailloux pointu qui nous donne une démarche assez étrange lorsque l'on marche pied nus dessus. On pourrai appeler cela une « course sautillée sur demi-pointe ». Ceci étant , Ethru évita d'entrer en contact avec cette étrange source de lumière sortit de nulle part. Il l'observa, tourna autour, essayant de découvrir un ingénieux mécanisme, mais rien. Décrétant que même s'il n'était pas rassuré, cette lueur devait être inoffensive, il se rapprocha, tendit le bras, la main et les doigts, étirés à leurs maximum. A peine eut-il effleuré le halo violacé, que tout son corps se mit a briller avec une intensité phénoménale qui le contraint à fermer les yeux. Ses jambes se dérobèrent, et il s'affaissa. Il était surpris, mais il sentait en lui une grande force et un but clair : monter tout en haut. Ethru tenta de se relever, mais rien n'y faisait, aucune force ne siégeait dans ses jambes. Il sentait juste une sensation inconnu, comme une deuxième corps à l'intérieur de lui même, avec beaucoup plus de détermination. Un mot résonna dans sa tête : Vole. Il ne compris pas tout de suite jusqu'à ce murmure, qui apparut comme le mot Vole. Ce murmure, doux, délicat, soyeux, la voix la plus fluette qu'il n'est jamais entendu. Ces mots qu'il ne comprenait pas, « Aime ton ange comme un dieu, car le jour où tu ne le regarde plus, il disparaît ». Mais qui est cet ange, ce dieu ? Ethru était perdu, mais tout à coup tout lui devint clair et limpide. Son ange s'appelait Miru, et quand on regarde un dieu, c'est au ciel que l'on s'adresse. Miru était là haut. Il baissa les yeux, prit une longue inspiration, releva la tête et s'envola à une vitesse incroyable. Il volait à une altitude très basse, frôlant le moindre rocher, mais sa vision nocturne était digne des plus grands elfes, et le sens du détail du plus digne des dragons. Après quelques minutes de vol, qu'il apprécia à leurs juste valeurs, il repéra Miru, se posa quelques mètres à coté d'elle, sans un bruit audible pour un homme, mais Miru fit un bond de surprise.

A sa droite, quelqu'un venait de se poser avec délicatesse, mais il avait effleurer un cailloux qui avait pivoter sur une autre de ses faces. Sans ce cailloux, Miru n'aurai rien entendu. Elle savait que quelqu'un l'observait mais elle ne savait pas qui. Miru ferma les yeux, attentive au moindre bruit. Elle distingua une once de respiration, puis une rythme cardiaque, elle voyait le moindre détail, comme lors de sa première nuit. Mais elle ne pouvait voir que les objets inanimés. Elle continua d'écouter la nuit, mais il fallait qu'elle se concentre sur une zone précise. Prenant une grande respiration, elle canalisa ses pensées sur un couloir de deux mètres, et un éclair violet l'éblouit. Il était là. Elle voulu prendre la parole, mais Ethru la devança.
- Miru, c'est toi ? murmura t-il
- Ethru ? fit-elle avec surprise
- Oui c'est moi, mais que fais-tu là ?
- Et toi alors ?
Et Ethru lui raconta tout ce qui c'était passé, et c'est au passage de la lueur violette que Miru l'interrompit
- J'ai vu une lueur semblable un soir dans la forêt, mais la mienne était verte. C'est quand même bizarre ce qu'il nous arrive...
- Ah ça... je ne connais personne qui vole et qui ose gravir la colline en pleine nuit mis à part nous.
- Comment sais-tu que je vole ?
- Je connais l'histoire aussi bien que toi, et je t'ai vu virevolter, c'est d'ailleurs ce qui m'a amené ici.
- Soit, mais que faire maintenant ?
- Continuer ? non ?, tu était partis pour cela apparemment.
- Oui mais... je sais pas...
Miru était gênée, depuis qu'elle le savait atteint par la même chose qu'elle, elle le voyait rayonner. Elle était amoureuse, et ça lui faisait peur.
- Allez viens !
Ethru lui tendait la main, l'attendant, prêt à décoller.

Elle hésitait, lui prendre la main et se laisser porter, ou décliner l'invitation et voler à ses cotés. Le doute, l'angoisse, la peur, l'amour, tout cela se mélangeait dans son c½ur. Elle réfléchissait, mais le choix était dur.

Elle ferma les yeux.


Chapitre III


L'air lui battait lui oreilles, mais l'inquiétude ne le quittait pas. Malgré le bruit que faisait l'air, il écoutait le moindre murmure, il perçait la pénombre de la nuit pour apercevoir enfin quelque chose qui pouvait l'aider ou le rassurer, mais rien. Il cherchait depuis un quart d'heure le corps de Miru. Alors qu'il l'invitait à venir avec lui, elle avait décidé de voler à ses cotés, mais la fatigue eue raison d'elle, et elle tomba sans qu'Ethru ne se doute de rien. C'est après cinq minutes sans la voir qu'il commença à s'inquiéter, et il fit demi-tour. Hélas, ils volaient à moyenne altitude et Miru pouvait se trouver n'importe où. Le terrain était escarpé, de profondes crevasses s'étendaient sur des centaines de mètres, autant en largeur, qu'en longueur et profondeur. Et Miru pouvait se trouver dans n'importe laquelle de ces crevasses, ou inconsciente au pied d'un rocher. Les yeux, le nez et la bouche d'Ethru étaient engourdis par le froid, et l'air qu'il inspirait lui brûlait les poumons. A contre c½ur, il décida de faire pause, le temps de retrouver l'usage de ses doigts. Il se posa à l'abri des rochers, et ferma les yeux.

Miru rouvrit les yeux, elle voulait voler elle-même, malgré sa tentation d'être dans les bras d'Ethru. Ils s'élevèrent l'un à coté de l'autre. Miru sentait qu'elle faiblissait, mais elle ne dit rien.
Elle frappa violemment le sol, frappa un rocher au niveau des genoux, ce qui la réveilla avec une atroce douleur. Son choc la faisait tournoyer, ce qui la déstabilisa complètement lorsqu'elle repris totalement connaissance. Elle sentit encore quelques chocs, mais elle ne se sentit pas s'arrêter. Elle avait heurté un rocher avec l'arrière de la tête. Ceci eu le don de ralentir sa course folle, mais elle sombra immédiatement inconsciente. Elle était allongée, à la limite d'une profonde crevasse, retenue par le maigre amas de gravillons que sa chute avait créée. Elle mit quelques minutes à retrouver ses esprits. Face contre terre, elle sentait une horrible douleur venir de sa nuque ainsi que de ses jambes inertes. Elle voulut se relever, mais elle ne trouvait aucun appui stable, il lui fallait quelque chose pour se hisser. Elle apercevait ce qui lui convenait, un rocher à mi-hauteur où elle pouvait passer ses deux bras et s'agripper. Mais la distance qui la séparait de ce rocher lui semblait immense et elle renonça pour le moment. Elle reposa sa tête contre le sol et essaya de pivoter pour apercevoir le ciel. Elle se balança sur son flanc gauche, diminuant la mini barrière de graviers qui se déversaient petit à petit dans la crevasse. Miru continua son balancement quand une pointe se fit ressentir au centre de sa colonne vertébrale, la faisant hurler de douleur.

Attentif au moindre bruit que le vent pouvait porter, il imaginait des scènes horribles, mais un murmure le tira de ses pensées. Comme un cri, mais plus doux, un appel. Ca venait du sud, mais comment pouvait-il l'entendre avec ce vent de nord. Peu importait, il s'éleva et le vent le porta plus vite qu'il ne pouvait voler. Cet appel se faisait parfois plus fort que le mugissement de l'air dans ses oreilles, d'autre fois pas plus fort que le murmure de l'arbre qui pousse. Mais Ethru savait qu'il devait aller vers le sud. Il sentait qu'il se rapprochait, un murmure résonna dans sa tête, « Aime » Un mot qui laissait beaucoup d'interrogation. Mais il n'avait plus le temps de réfléchir. Il apercevait Miru. Il la voyait, à la limite d'une crevasse, et son c½ur s'emballa. Il cherchait un endroit où poser pied à terre en toute sécurité. Ce fut le cas, mais il avait du s'éloigner de Miru, le sol ne lui semblait pas stable. Ayant atterrit, il remarqua que cet endroit était inhospitalier et que plus vite ils seraient partis, plus vite ils seraient en sécurité. C'est ainsi qu'il se mit en route, se battant contre le vent, évitant tous les rochers. Sa progression était ralenti par de petits glissements de terrain qu'il ne pouvait éviter même en lévitation. Le phénomène l'étonna, il compris que son « pouvoir » fonctionnait comme un coussin d'air à très faible altitude, ce qui n'expliquait pas leur capacité à voler, son poids se répercutait sur le sol malgré le fait qu'il ne le touche.

Après plusieurs glissades, il parvint à un endroit plus stable, où des rochers lui offraient la possibilité de se rapprocher plus vite de Miru. Il prit appui sur un dernier rocher et la vit se tortiller sur le sol. Même s'il avait le souhait de se précipiter à son secours, il avança prudemment entre les rochers, balayaient par de puissantes rafales de vent. Ethru arriva enfin à coté de Miru. La terre lui donnait un air de militaire après un long parcours boueux.

Miru ouvrit les yeux, et elle découvrit Ethru qui tentait d'allumer un feu. Elle se redressa, s'appuyant avec difficulté sur son bras droit. Son coude gauche la faisait souffrir, elle y jeta un coup d'½il, aussi bref qu'il fût, il lui glaça le sang. Son avant bras ressortait de cinq ou six centimètres au niveau du coude. Soudain une douleur virulente se fit ressentir, là où son os avait décidé de prendre l'air frais et humide de cette nuit orageuse. Essayant d'en faire abstraction, elle essaya de deviner où elle se trouvait. La dernière chose dont elle se souvenait, c'était de voler à coté d'Ethru, après, plus rien. Devant elle, de petites flammes devinrent visibles et leur chaleur se fit immédiatement ressentir. C'est simplement après avoir allumé ce petit feu qu'Ethru se rendit compte que Miru était de nouveau consciente.

Il la voyait là, ne sachant que faire. Elle semblait encore en vie mais elle faisait pitié à voir. Il décida dans un premier temps de la faire pivoter sur le dos. Il l'attrapa donc, une main au niveau de la hanche, l'autre sur son épaule lacérée. Elle pivota, et son corps déchiré offrait une vision d'horreur, qui provoqua un haut le c½ur à Ethru qui du détourner le regard, le temps de se reprendre. Il prit une profonde inspiration, se retourna, glissa ses mains sous le corps de Miru. Il sentait sa colonne vertébrale, mais il manquait la peau à certains endroits, et lorsqu'il distingua sa main à travers le corps de Miru, il fut effrayé. Ses poils se hérissèrent, un frisson lui parcourut le dos, ses muscles se contractèrent. C'est au prix d'un effort considérable qu'il trouva la force de soulever Miru. Quelques instants plus tard, il ne restait plus rien de leur présence ici, si ce n'est les quelques lambeaux de peau qui virevoltaient au gré du vent. Et le mince écho du cri d'horreur que Miru avait poussé avant qu'Ethru ne s'élance.

Miru voulu parler, mais Ethru lui mis un doigt devant la bouche la priant de se taire.

- Laisse moi parler et repose toi tu en as besoin. Tu es tombée, j'ai mis beaucoup de temps à te retrouver, quand ça a été le cas, j'ai préféré venir ici, le vent y est plus calme et l'endroit mois dangereux.
- Mais...
- Chut, tu as de nombreuses blessures, aussi grave les unes que les autres et je pense qu'il faut arrêter là et redescendre pour te soigner.
- Non !!! hurla t-elle
- Mais...
- Laisse moi parler, s'il te plait.

Sa phrase fut accompagnée de nombreux rictus de douleur, mais le fond de sa voix et son regard traduisaient toute sa volonté.

- Je sais ce que j'ai, je ressens ce que toi tu ne fais que voir, je sens le vent qui s'engouffre dans mon dos. Je le sens me caresser le c½ur, et je vais sûrement attraper un énorme rhume à cette allure là... Je vois aussi mon coude qui n'en est plus un, mais je t'assure que l'on peut continuer.

Leurs regards se croisèrent, et l'on pouvait voir une petite flamme se refléter au fond de leurs yeux, simple reflet du feu crépitant à leurs pieds. Le vent se leva, la foudre divisa le ciel en de millier de petites parties, un petit écho se répercuta à leurs oreilles. Non pas l'écho de la foudre qui ne produisit aucun bruit, mais comme un léger murmure... « Aime ». Une réponse commune, réponse du c½ur, l'un face à l'autre, « Oui ». Leurs mains se rapprochèrent, un sourire sur leurs lèvres, une pluie fine se mit à tomber. Leurs doigts se croisèrent, un mot à l'unisson, « Aime », la pluie s'épaissit. Leurs lèvres se rejoignirent, instant de bonheur, ils se levèrent, et s'envolèrent. A mesure qu'ils montaient, le ciel se dégageait, et la lune apparut, rayonnante. Ils s'élevèrent jusqu'au lueurs infinies, là où la vie n'est plus un mot mais simplement un synonyme de partage. Ethru revint sur la terre de ces ancêtres, et Miru atterrit quelques mètres plus loin. Mais elle ne se releva pas. Dans son désespoir, Ethru grava dans la roche ce doux moment qu'il venait de vivre.

« Main dans la main,
Nos ailes se croisent,
Sans jamais se toucher,
Synchronisation,
Un équilibre s'installe,
Chacun complète l'autre.
Sans jamais fatiguer,
On s'élève dans les cieux,
Regards croisés,
Mon c½ur bondit,
A ton corps si proche,
Dans tes bras enserrai,
Je sens nos vies se lier.
Nous découvrons ainsi l'amour,
Après ce voyage si court
Une lueur est née dans mon c½ur.
Celle de ta présence infinie.
Voyage inverse,
Le temps nous séparent,
Si loin de toi,
Mon c½ur voit une lueur pâlir,
Profitant de ces derniers instants,
Pour te dire de revenir,
Touché rugueux de ce sol appauvri,
Je te vois disparaître,
Non loin de mon c½ur brisé,
Je t'aime. »

Chapitre IV

Miru marchait normalement, entre ciel et terre, là où le monde n'existe pas. La vie, réelle, mais inexistante. Un détail l'affola, son c½ur ne battait pas.

Ethru était penché sur le corps de Miru, immobile, froid, terne. Il ne la voyait plus comme avant, elle brillait, d'un beau vert émeraude. Mais là, il ne voyait plus rien, seulement le corps de celle qui l'aimait, de celle qu'il aime. Une larme naquit au creux de son ½il gauche, coula le long de sa joue et vint mourir sur le coin de ses lèvres sèches. Une autre larme perla sur l'extérieur de son ½il gauche, glissa jusqu'à son menton, et tomba sur Miru, plus précisément sur sa paupière gauche. Ethru était tétanisé, il revivait ce premier et unique baiser. Il voulait bouger, mais ses yeux refusaient de quitter le visage de Miru. Il la trouvait si belle, elle était douce avec lui, mais elle était morte. Loin de lui, elle ne le regardera plus en cachette, et lui, il restait pétrifier là à l'admirer. Il mit un long et pénible moment à sortir de son mutisme, il se remit avec difficulté sur ses jambes encore engourdies. Il fit deux pas, tournant le dos à Miru, comme s'il allait l'abandonner là, et il éclata en sanglots, martelant les rochers qui se trouvaient sur son chemin. Il s'effondra au sol, allongé, sa joue droite collée au sol, il ferma les yeux. Il tremblotait, le vent se releva puissamment, et la poussière venait lui heurter le visage et restait collée là où ces larmes avaient coulées.

Miru s'assit, entre ciel et terre, entre vie et mort. Perdue par tout ce qui lui arrivait dessus. Ce « monde » vide, où rien n'existe, pas même soi même. Elle sentait son corps présent, mais son esprit était ailleurs, mais où ? Elle n'en avait aucune idée. Elle ne cherchait pas à le savoir en fait. Elle était vidée de toute réflexion, plongée dans ce « monde » parallèle. A mi-chemin entre la vie sur terre et la mort au royaume de l'au-delà. Quelque chose la retenait ici. Elle se releva, sans aucune raison, la raison étant absente de cet étrange lieu. Elle marcha combien de temps ? Aucune idée, mais il arriva un moment où une goutte salée sortie d'entre ses jambes et vint s'écraser sur sa paupière droite. Son esprit se réveilla, et son c½ur aussi. Elle prit une énorme inspiration, tenta de se calmer et elle finit par s'évanouir.

Ethru se calmait, il essuya son visage poussiéreux et se tourna vers Miru. Encore quelques larmes coulèrent sur ses joues, il les balaya du revers de la main et se mit en marche. Il pris Miru dans sur ses bras, et il entama une longue et pénible descente. Il se devait de la ramener à Etimélia, leur village. Ethru descendit donc, malgré l'aspect plus facile que lui accordait l'aurore, il glissa plusieurs fois, s'écorchant les genoux et les coudes. Il aperçut aux premiers rayons de soleil qu'il se trouvait en réalité au sommet de la colline lorsque Miru le quitta. Il ferma les yeux, et chaque instant qui lui rappelait le sourire de Miru, ses yeux ou sa voix, défilèrent devant ses yeux. Sans réfléchir, il lâcha Miru et fit demi-tour.

Il courut de toutes ses forces, il chuta, se relevant comme si de rien n'était et il repartait. Le vent s'intensifia, le forçant à se protéger le visage et à ralentir l'allure. Mais il courait sans relâche, bondissant entre les rochers et sautant par-dessus les crevasses qui lui barraient la route. Il n'avait pas de temps à perdre, il fallait qu'il atteigne le sommet le plus rapidement possible. Il en était sûr maintenant, sa course s'intensifia, ses enjambées s'allongèrent, son c½ur battait la chamade, mais il devait courir. Quelque chose se réveilla en lui, il vit une lueur bleu saphir briller par delà le sommet. Les réponses à ses questions se trouvaient là bas, mais il avait peur d'avoir raison. Il atteint finalement le sommet et ces doutes se confirmèrent. De nuit il n'avait rien vu, mais un village se dressait en contrebas, et une silhouette descendait.
Ethru ne la voyait pas très bien, il pris appui sur le sol et s'éleva à une impressionnante vitesse. Il survola la pente herbue et vint se poser face à cette silhouette fuyante.

Il découvrit Eviary, dégoulinant de sueur, mais un franc sourire aux lèvres.

- Au moins cette peste ne me dérangera plus, lança Eviary
- C'était donc moi que tu voulais ?
- Oui, et j'ai réussi.
- Non, tu n'as rien réussi, mais quel est cet endroit ?
- C'est ta liberté, celle que tu partageras avec...

Eviary ne put finir sa phrase car Ethru s'envola. Elle se retourna et découvrit Ethru serrant quelqu'un dans ses bras : Miru était là.

Miru repris connaissance, mais ce n'était plus pareil, elle ouvrit les yeux et du se protéger avec son bras. Une forte lumière l'éblouissait. Les alentours étaient chaotiques et la pente était fortement inclinée. Elle se releva et aperçu un plateau un peu plus haut.

- Voilà donc le monde au-delà de la mort. Pas très accueillant ma foi. Même ma chambre est plus organisée, et pour des gens qui ont l'éternité, ils ne sont pas fans de ménage.

Sa voix fit écho, et elle se mit en route. Décidait à monter, elle frappa un caillou qui se trouvait qui se trouvait sur son chemin, nostalgique de son petit village. Elle eut un sursaut, elle se souvenait. Comme si elle était encore vivante. Elle montait, sautant de rocher en rocher, puis un picotement et elle s'envola. Elle savoura ce don qu'elle pensait perdu. Virevoltant, elle se posa sur le sol noir qui surplombait la colline. Elle fit un pas, et son c½ur se mit à battre plus rapidement, elle leva le regard et ce qu'elle vit la surprit. Mais elle n'eut pas le temps d'y réfléchir. Ethru la serrait déjà dans ses bras.

Quand elle réussit à se défaire de son étreinte, elle recula et détailla Ethru.

- Alors toi aussi tu es mort ?
- Mort ? Non, je suis bien vivant, et toi tu semble avoir meilleur forme...
- Il est vrai que ce n'était pas la grande forme, mais au moins, je suis vivante.
- Oui, et c'est bien la seule chose que je ne saisisse pas. Pour moi tu étais morte. Mais l'important c'est que tu sois de retour.
- Oh ! mais que vois-je ? Serai-ce un mirage ?
- Tient Eviary, quelle bonne surprise...
- Ravi aussi de te voir revenir de la mort.
- Comment peux-tu être ravi ? La jalousie qui te ronge t'aurait-elle abandonnée ?

La discussion s'envenimait et Ethru ne comprenait plus rien.

- Ne fais pas l'innocente, la mort nous révèle les secrets les mieux gardés.
- Non ! Tu ne sais rien.
- Oh que si, je sais TOUT.

Miru rayonnait, tandis qu'Eviary perdait en éclat à chaque mot.

- Miru que se passe t-il ? demanda Ethru
- Oh, que l'histoire est longue, n'est-ce pas Eviary ? Ou plutôt, Princesse Eviary. Où dois-je commencer ?

- Tais-toi vipère, tu ne sais rien, rétorqua Eviary

- Est-ce tout ce dont tu es capable ? Voilà déjà 6000 ans que tu es née ici, ou plutôt que ta magie s'exerce ici. Et oui Ethru, tu as en face de toi la Princesse Eviary, bannit du royaume de son père pour trahison. Elle a acquis les rudiments de la magie dans cette forêt et décida de punir et maudire cette terre jusqu'à ce qu'elle estime avoir achever son ½uvre. On lui doit 6000 ans de notre histoire, L'Amurial et L'Ethurial, ce vent qui nous a tant gêné lors de notre ascension, tout vient d'elle. Elle voulait rester l'unique à connaître le reste du monde. Et elle te voulait toi, pour elle toute seule. Elle est égoïste, elle ne connaît pas la joie.

- Et bien voilà un magnifique portrait de moi. Il est vrai que j'ai visité toutes les terres qui existent au-delà de ce village. Je l'ai créé le jour où j'ai été chassée, et il sert de porte à quiconque sait l'utiliser. N'oublions pas L'Amurial et L'Ethurial, ne vous êtes donc pas rendu compte qu'il contenait vos deux prénoms ? Non bien sur, vraiment trop naïf. Tout comme le nom de votre village, il est un mélange de vos deux prénoms, mais bien sur vous n'avez rien remarqué. Ce n'était pourtant pas compliqué. Mais vous n'avez rien vu... Vraiment minable... Ethru je voulais juste que tu m'aimes, mais cette peste de Miru t'est tombée dessus et tout ce que j'avais prévu pour nous deux c'est effondré. Nous pouvions avoir le pouvoir absolu partout, nous serions heureux. Nous possédons tous les deux une source de pouvoir, j'en avais laissé deux dans la forêt, pour qu'un jour mon destin se réalise.

- Mais je ne t'aime pas Eviary, Princesse ou pas, je ne te supporte pas. Pour les sources de pouvoir elle n'existe plus, je suis le porteur de la troisième, et c'est Miru qui possède la seconde. Et toi Eviary tu n'es qu'une sangsue, un pot de colle. Je n'aime que Miru. Et le pouvoir absolu ne m'intéresse pas. Ta soif de vengeance ne me concerne pas.

Eviary baissa la tête, le ciel s'assombrit, le vent se leva. Elle commença à briller, une voix puissante résonna :

- Votre pouvoir est aujourd'hui sans limite, mais saurez-vous l'utiliser ?

Miru se tourna vers Ethru, leurs regards se croisèrent, ils étincelaient puissamment, leurs mains se croisèrent, ils pivotèrent en direction d'Eviary. En une fraction de seconde, le soleil revint et Eviary s'effondra sur le sol. Morte. Etait-ce ainsi que s'achevaient toutes ces années ? Ethru en doutait, mais Miru acheva le travail. Elle sauta au cou d'Ethru et l'embrassa. Un long cri résonna puis un simple murmure : « Aime ».
.


Epilogue

Ethru et Miru poursuivirent leurs études dans leur petit village. Un jour, ils gravirent de nouveau cette colline, et au sommet un étonnant spectacle les attendait. Ils découvrirent le monde qui les entourait. Ethru partis un Ethurial à la recherche d'information sur cette princesse Eviary, Miru ayant renoncé à se souvenir de son passage dans l'entre deux mondes. Lorsqu'il revint, c'est Miru qui plia bagage dans l'espoir d'en apprendre plus sur les sources de pouvoir. Ils passèrent une année loin l'un de l'autre. Ethru trouva un travail de journaliste à une centaine de kilomètres d'Etimélia. Miru devint un légendaire écrivain. Et c'est sur ces mots que tous deux vous remercient.

Miru ferma le cahier avec un pincement au c½ur. Elle venait d'achever le récit de sa plus belle aventure. Ethru entra dans le bureau de Miru.

- Tu l'as enfin terminé ?
- Oui, il restera une trace de notre aventure.

Miru et Ethru gravirent la pente herbeuse et atteignirent le sommet. Un léger murmure les accompagna : « Souvenirs ». Et ils s'élevèrent main dans la main, on pouvait les suivre jusqu'à ce qu'ils disparaissent. Ils avaient passé l'entre deux mondes. Silence.

Joffrey


Merci à Emilie, Eugénie, Alexandra, Sarah, Eddy, Agnès, Marion, Bénédicte et Gwendoline.

Mais surtout merci à Célia qui m'offre toute cette imagination et sans qui cette histoire n'aurait jamais existée.

# Posté le vendredi 12 octobre 2007 05:36

Modifié le lundi 04 février 2008 07:05

...

...
Martin se promenait dans les rues enneigées de son quartier. Voilà déjà une semaine que tout le village était coupé du monde par la neige, et les habitants semblaient un peu déconcertés par les moyens mis en ½uvre pour les ravitailler. Ceci étant, Martin, lui, profitait de ces journées pour se détendre. La mi-octobre approchait et les cours l'avaient épuisés ses derniers temps. Sa seule raison de résister à la fatigue était cette joli brune toujours assise sur la deux ou troisième marche des escaliers au fond de la cours.

Cette joli brune, du nom d'Amélia, faisait un devoir au CDI la première fois où Martin l'aperçut. Il était venu lire une bande dessinée pendant une heure de permanence, mais il avait plus dévisagé le doux visage angélique d'Amélia, que le livre qu'il avait pris sans se soucier de l'avoir déjà lu ou pas. Il ne la lâchait pas des yeux, et ses amis se mirent vite à le taquiner et à le chahuter, ce qui le dérangeait. A cause d'eux le documentaliste leur demanda de sortir et Martin lança un regard froid et méchant à ses amis. Il était déçu, mais cela lui avait appris à être discret.

La journée s'achevai, et Martin, quelque peu frigorifié, décidé de rentrer chez lui. Il était dix-huit heures vingt quand il enleva ses chaussures trempées à toute vitesse pour décrocher le téléphone. Il arriva trop tard et attendit de voir s'il y avait un message ou pas. Au bout de cinq minute, il renonça et monta dans sa chambre. Mais alors qu'il posait le pied sur la première marche, le répondeur affichait un message. Il s'assit dans le divan et lança le message.

« Bonsoir Martin...hum...c'est Amélia, la brune du CDI, une de mes amie m'a dit que tu ne m'avait pas lâché du regard...et...voilà...en fait j'organise une fête dès que possible, c'est à dire quand on pourra circuler, et je voudrai vous inviter toi et Lionel. Enfin c'est toi qui voit mais voilà...ça serai bien que tu soit là. Bon ben voilà euh...ben...à la prochaine et à très vite j'espère. Bisous »

Martin n'en revenait pas, Amélia l'invitait chez elle.

Deux jours s'écoulèrent et le message d'Amélia résonnait encore dans la tête de Martin. Allongé sur son lit, il se laissait imaginer cette soirée, quand un bruit sourd venant de l'extérieur le ramena à la réalité. Intrigué, il se précipita à la fenêtre de sa chambre et savoura de voir les chasses-neige arriver dans sa rue. Plus qu'une simple libération, cela allait pouvoir réaliser le moment qu'il attendait impatiemment. Mais cela signifiait aussi le retour des cours d'ici peu de temps, or il pensa plus à l'idée de revoir Amélia qu'à la reprise des cours.

Voilà une semaine et demi qu'Amélia et Martin avaient repris les cours et ce soir du 26 octobre, Martin attendait un coup de téléphone. 21h37, Martin mangeait avec ses parents et sa petite s½ur de huit ans, sur une table ronde au centre d'une cuisine équipée. 21h39, le téléphone sonna et Martin se précipita dessus pour décrocher. C'était sa tante qui voulais discuter avec sa mère. Martin, déçu, lâcha le téléphone en se disant qu'Amélia pouvait essayer d'appeler au même moment, et que sa tante monopolisait la ligne. 22h36, et Martin désespérait de voir sa mère raccrocher. 22h44, sa mère posa enfin le téléphone. 22h53, la sonnerie du téléphone retentit, et Martin décrocha le premier.

- Allô, pourrai-je parler à Martin s'il vous plaît ?
- Oui, c'est moi.
- Ah Martin, c'est Amélia, désolé je n'aime pas trop le téléphone...
- C'est pas grave.
- J'ai essayé de t'appeler il y a environ une demi-heure mais ça sonné occupé.
- Oui, désolé ma tante a appelée.
- Ah, pas grave. Bon je t'appelle pour la fête. Elle devrai avoir lieu dans une semaine, les 3 et 4 novembre.
- On reste dormir ?
- Ceux qui veulent oui.
- D'accord, il faut amener quelque chose ?
- Euh...ben une boisson ou de quoi grignoter?
- Une préférence ?
- Euh oui, de quoi grignoter, j'ai beaucoup de personnes qui prennent des boissons.
- Pas de soucis, chips et gâteaux apéritifs.
- Parfait.
- Et sinon on sera combien ?
- Et bien voyons...1...2...3...hum une vingtaine si tout le monde vient.
- Ok, ça fait du monde...
- T'inquiète pas, y'a de la place pour s'isoler si tu veux.
- Non ça devrai aller.
- C'est comme tu veux. Bon je vais te laisser. On se voit lundi de toute façon.
- Pas de problèmes. Ciao.
- Bisous. Ciao.

Martin raccrocha tout excité. Il entendit un lointain « C'était qui ? » venant de sa mère, mais il fit mine de n'avoir rien entendu.
De son coté Amélia était heureuse du déroulement de leur première réelle discussion, malgré le fait qu'elle n'appréciait guère le téléphone.
Martin arriva dans sa chambre, se saisit de son portable et s'empressa d'appeler Lionel, son meilleur ami.

Le lundi au collège, Martin et Amélia passèrent le plus de temps possible ensemble, allant même oublier leurs amis respectifs. Le mardi, ils décidèrent de rentrer à pieds chez eux pour avoir le plaisir de parler. En deux jours, tous leurs amis savaient qu'ils finiraient ensemble, mais ils ne savaient pas quand, à part certains qui pensaient vaguement à cette fête soudainement organisait par Amélia. Le mercredi annonçait le début des vacances de la Toussaint. Cette matinée là, Amélia et Martin se retrouvaient une heure au CDI, comme pour marquer cette endroit de leur rencontre. 12h05 , la sonnerie libératoire retentit, et tous les élèves se précipitaient vers la sortie. Là les bus les attendaient mais encore une fois, ils décidèrent de rentrer à pied, et de prolonger ce moment, avant de se séparer. Au croisement qui dessert leur deux villages , ils s'arrêtèrent. L'un en face de l'autre, silencieux, ils se regardèrent droits dans les yeux. Un mètre les séparaient , un mètre de vide, un mètre à combler, comme le vide qu'ils avaient chacun au fond du c½ur. Amélia hésita, se jeter dans ses bras et l'embrasser ou attendre encore un peu. Martin était perdu à admirer Amélia. Un mètre insurmontable malgré leur envie, Amélia se retourna, lançant un « A samedi », et partit en courant, retenant ces larmes, de savoir qu'elle n'avais rien fait. Martin, lui, s'assit au croisement, ressassant ce moment où il avait eu une hésitation. Il se releva quelque minutes plus tard, et avança sur la route qui menait vers son village, la tête basse, en regardant de temps en temps les nuages.

Les deux jours qui suivirent leurs parurent un éternité à tourner en rond. Pendant que Martin s'occuper sur son ordinateur, Amélia de son coté, s'adonner à sa passion : l'écriture.
Le temps passa, et Martin retraversa ce croisement, mais en voiture. Il était 18h17 à l'horloge de la voiture, et il allait retrouver Amélia pour sa fête.

La boule au ventre, le vide au c½ur, il voyait le 19 Allée André Malraux se profiler. Rythme cardiaque qui s'accélère, mains moites, Martin était mal à l'aise.
C'était une grande bâtisse avec un étage. Le portail, devant lequel ses parents l'avaient déposé il y a quelques minutes, le dépassait de deux mètres facilement. Un interphone se trouvait du coté droit, sur le pilier qui marquait le début du mur qui encerclait la maison. Il appuya sur le bouton, entendit la sonnerie dans la maison. Une voix grave le surpris soudainement, quand il entendit la voix d'Amélia.

- C'est qui ?
- C'est Martin
- Ah oui pardon je t'ouvre.

Il n'eut pas le temps de dire merci que le portail commençait déjà à s'ouvrir. Il entra et se dirigea vers la porte qui s'ouvrit devant lui. Amélia portait des Converses noire et blanche, d'un jean taillé sur mesure pour elle, d'un petit débardeur blanc et d'une veste noire. Martin l'avait trouvé plus belle que jamais il n'aurai pu l'imaginer. Ils se retrouvaient dans la même situation pour la deuxième fois. Martin était paralysé, les mots bloquaient au fond de la gorge. Amélia pris son courage à deux mains, et tendit la main droite, mais Martin, toujours absorbé par la splendeur d'Amélia, ne réagit pas. Amélia retira sa main et se dirigea vers l'arrière de la maison. Elle traversa la maison, Martin la suivait, honteux de ce qu'il avait fait. Elle lui montra une table avec des saladiers, et beaucoup de choses diverses, ballons, confettis...Amélia était blessée, elle dit à Martin de s'asseoir en attendant les autres.

Elle avait imaginée ce moment là différemment, elle avait volontairement dit aux autres de venir plus tard pour qu'ils soient tous les deux. Mais Martin avait tout gâché. Elle monta dans sa chambre, triste, elle regarda par sa fenêtre qui donnait sur le jardin. Elle y vit Martin tourner en rond, lever les yeux au ciel.
Il aurait tant voulu la suivre, mais il n'avait pas osé, la rejoindre, pourquoi pas, mais au vu de la taille de la maison, il lui aurai fallu une ou deux heures pour la retrouver. Il se retourna et l'aperçut à l'étage. Elle ouvrit sa fenêtre, Martin était prêt, mais la sonnette retentit et Amélia disparue. Lui qui était prêt aurai t-il la force de le faire devant tout le monde...Il ne savait rien, mais après son erreur, il savait qu'il n'avait plus le droit d'hésiter. 18h32 à sa montre, et Martin voyait Lionel arriver.

- Dit moi, il s'est passé quoi avec Amélia ?
- Ben rien pourquoi ?
- Elle a pas l'air super joyeuse?
- Ben elle m'a tendu sa main et ?
- Et ?
- J'ai rien fait?
- Ah je vois, petit Martin a eu peur, et ben tu va te bouger avant que ce soit moi qui te bouge.
- Oui mais comment ?
- Ah ça, c'est toi qui l'aime, débrouille toi, invente. Tout ce que je peux dire, c'est que si tu fais rien, tu vas la perdre et tu risque de le regretter. Et vu ce que tu as fait, va falloir t'accrocher, monde ou pas monde il faut que tu y aille.
- Ok !
- Mais qu'est ce que tu fais encore là ? Elle est à coté de la grille, tout droit par la porte d'entrée.

Martin se mit en marche, bien décidé à rattraper son erreur précédente. Une phrase de Lionel résonnait dans sa tête : « Monde ou pas monde, il faut que tu y aille. » Il savait que c'était maintenant ou jamais. Il se dirigeait vers la grille. Amélia était à coté en train de discuter avec son voisin. Elle ne le vit pas venir et quand il lui demanda s'il pouvait parler, elle eut un sursaut et poussa un petit cri d'étonnement . Elle lui expliqua qu'elle n'avait pas le temps pour le moment parce qu'elle attendait les invités mais que plus tard dans la soirée elle serai disponible. Martin repartit un peu déçu et il compris ce qu'Amélia avait ressentit. Un mélange de frustration et d'incompréhension, il ne savait pas trop, mais Amélia lui en voulait d'avoir réagi comme un enfant ; et elle comptait lui faire payer une bonne partie de la soirée.

Les invités continuaient d'arriver petit à petit, remplissant le rez-de-chaussée d'animation, mais Martin avait du mal à se mêler aux petits groupes qui discutaient. Il n'avait pas l'habitude, ne connaissait personne hors mis Lionel et Amélia. Il était dans son coin à réfléchir tout seul. La mine triste, il était quand même heureux au fond de lui de voir les autres s'amusaient. Amélia rigolait avec ses amis, Lionel débutait une partie de jeu vidéo , certains invité étaient autour de la table à jouer aux cartes. Alors qu'il était perdu dans ses pensées, il sentit une main l'attraper et l'emmener dans la cuisine. C'était Tiphany, la meilleure amie d'Amélia. Mais que lui voulait-elle pour l'emmener ainsi à l'écart ? Martin ressentit une nouvelle fois ce n½ud au fond de l'estomac, la peur de ce que pouvais lui dire Tiphany, son rythme cardiaque s'accélérait de nouveau, il ne savait plus ce qu'il désirait, entendre Tiphany ou courir loin de ses beaux yeux bleu-gris. Il décida d'affronter la situation, il avait été assez lâche dans la journée pour encore fuir devant les faits.

- Mais pourquoi tu m'as amené ici ?
- Amélia est déçu de voir que tu reste dans ton coin tout seul, sans faire d'effort pour t'intégrer, ses amis sont aussi important que toi, et je ne la vois pas essayer de faire un choix entre amour et amitié, elle ne pourra pas le faire.
- Mais?
- Tais toi un peu, tu vas encore dire les choses trop vite. Elle t'aime sûrement plus que tu ne pourrai l'imaginer, mais vu ton comportement, je comprends sa réaction, alors maintenant tu vas m'écouter.

Tiphany parla pendant cinq minutes, puis elle laissa Martin seul dans la cuisine.

L'endroit ne possédait qu'une porte, face au plan de travail, l'évier était à droite juste en dessous de la fenêtre, à gauche se trouvait un meuble de rangement, sur lequel Martin était appuyé. Au centre, une table ronde et quatre chaises. Martin faisait le tour de la table, regardant de temps en temps la noirceur de la nuit hivernale par la fenêtre. Il voyait en partie son reflet, mais ce fut le sourire d'Amélia derrière lui qui attira son regard. Il se retourna, mais il n'y avait personne. Martin se dit que son désir de partager ce moment avec Amélia, le poussait à imaginer des choses. Un léger souffle le long du cou, et un énorme frisson le long du dos eurent raison de la peur de Martin. Il s'apprêtait à quitter la cuisine quand la porte s'ouvrit devant lui, il bondit de peur en arrière. Amélia fut prise d'un fou rire qu'elle tenta de maîtriser de son mieux, essayant de ne pas gêner Martin qui était rouge de honte.

Amélia s'avança calmement. Elle tendit la main. Avant qu'elle n'ait eu le temps de dire quelque chose, la main de Martin vint glisser sur la sienne. Ils se regardèrent droit dans les yeux, main dans la main, un sourire aux lèvres. Martin attira doucement Amélia vers lui, attrapa son autre main, la regarda, enfin libre de pouvoir le faire. Elle le pris dans ses bras laissant échapper une petite larme de bonheur. Amélia lui repris la main pour l'emmener hors de la cuisine, Martin la ramena jusqu'à lui.

- Ce moment est à nous, murmura Martin.

Et ils s'embrassèrent...enfin. Moment de pur intimité...Indéscritptible.

De leur coté, Lionel et Tiphany, qui avait organisé cette « rencontre » dans la cuisine, attendais impatiemment de voir la porte s'ouvrir. Tout le monde surveillé la porte, ils étaient au courant de ce qui se passait. Cela faisait déjà quinze minute qu'Amélia était entré et rien ne bougeait. Lionel passa son bras autour de la taille de Tiphany, qui se serra contre lui sans un mot. Il n'avait pas pu résister à cette joli métisse, les cheveux légèrement ondulés, et un visage rond, comme l'innocence d'une enfant.

La porte s'ouvrit et tous les regard se tournèrent vers l'endroit où se tenait Martin et Amélia, main dans la main. Un silence incroyable régnait dans la pièce. Martin s'avança vers Lionel, il lui dit qu'ils se souviendraient de cette fête' toute leur vie.

Les années ont passés, et Martin s'est lassé d'Amélia, la quittant sans un mot, la laissant pleurer dans son coin, à le voir embrasser cette autre fille, arrivée il y a quelque jours. Et qui lui a pris sa joie de vivre.

Amour d'adolescence ou apprentissage de la vie. Certains aiment à se fixer le plus vite possible, d'autre préfèrent voir plusieurs horizon. Quoi qu'il en soit, Lionel et Tiphany avait le souhait de ne plus jamais se quitter, et ce jour, ils le vécurent comme une déchirure.

# Posté le samedi 29 septembre 2007 09:34

Modifié le jeudi 31 janvier 2008 10:37

Reprise...

Reprise...
Ange d'amour,
Voguant sur ce ciel dégagé,
Il pose ses ailes,
A l'abri de l'horizon,
Là où le soleil,
Fera briller sa peau cristalline.
Comme un appel,
Il suit cette lueur aveuglante,
Rêve ou réalité?,
Il marche dans le pré,
La tête haute,
Voyant l'éclat s'envoler,
Il s'assoit et attend.
Heures perdues à ne rien penser,
Seulement à se souvenir,
De cette lueur de bonheur.

Cette lueur c'est toi mon amour, et elle sera toujours là...

# Posté le lundi 03 septembre 2007 08:02

Aurore infini

Aurore infini
Il marchait,
Ses fleurs à la main,
Songeant au bonheur.
Il approchait,
Et la peur le ralentissait.
Il hésitait à avancer,
La rue approchait,
Mais il n'était pas sur,
Etait-il prêt ?
Il en doutait.
La peur le fit fuir,
Comme un incapable,
Il s'en voulait d'avoir reculé,
Mais il n'était pas prêt.
Le silence pesait,
La nuit était tombée,

Etoile dorée,
Lueur d'été,
Le chant du vent dans les arbres,
Et ce regret au fond du c½ur.

Ma joue héberge une larme,
Etoile de ma vie,


Promesse de joie,
Le ciel s'éclaircit,
Aurore infini,
Il se lève et regarde au loin,
Tristesse et mélancolie.

Je le vois mourir d'envie.
Cadavre d'amour,

Je prends son bouquet,
Et cours dans les rues,

Longeant ces murs dorés,
Espoir abandonné,

Fleurs fatiguées,
Entre honte et désespoir,
Rivière d'amour,
Aurore infini,
Il attend un bouquet à la main,

Celle qu'il désire tant.

# Posté le mardi 26 juin 2007 04:59

Modifié le mardi 26 juin 2007 06:50

Garrigue

Garrigue
Le soleil rayonnait sur la campagne provençale en ce début de mois de mars. Les fleurs bourgeonnaient et les oiseaux chantaient. Deux amis se promènent sur un sentier de la garrigue et écoute le doux chant de la nature. Une légère brise souffle et embaume l'air d'une senteur de thym, mêlé d'une pointe de romarin. La tête remplit de toutes ces senteurs, les deux amis avancent calmement sans rien dire. Le chemin de terre sur lequel ils marchent traverse toute la petite plaine, qui débouche sur le village voisin. Le printemps est là et ils profitent de leurs derniers moments ensemble, après ils ne se reverront plus.
Guillaume est un adolescent comme les autres, il va au collège et suit les cours comme ces camarades. Jua, elle, suit des cours par correspondance pour s'adonner a son sport favoris le plus de temps possible. Elle pratique sans relâche le volley-ball.
Ils sont tous les deux sur ce sentier, heureux d'être ensemble comme deux amis qui se promènent un week-end de printemps. Jua s'assoit sur une pierre le temps de se reposer, ses chaussure de villes ne sont pas adaptés à une marche sur un sentier jonchait de galets. Guillaume l'attend un peu plus loin, le regard vide, il pense à tout ce qu'il a vécu.
Jua le regarde avec envie, elle aimerai tant lui dire qu'elle l'aime, mais elle n'ose pas, de peur d'être rejetait, elle repousse toujours ce moment où elle lui dira tout. La timidité la ronge depuis qu'elle est toute petite, elle n'as jamais trouvé le moyen de s'exprimer, rien n'y fait. Elle a pourtant tout essayer, se testant à la poésie, mais maniant maladroitement les mots, le résultat était plus que moyen, la musique n'as jamais été sa passion, préférant le calme de sa garrigue que les bruits des musiques à la mode. Seule lui convient la solitude, ces moments où elle ne se retrouve que face à elle-même dans son élément, sa garrigue natale.
Jua est né d'un père japonais et d'une mère française, dans une ferme au milieu des oliviers, au courant du mois d'août 1993. Elle grandi avec les moutons et la cueillette des olives. Courant dans les champs de lavandes en fleurs ou ramassant du thym dans la colline. La garrigue était toute sa vie, sans elle, elle n'était rien.
Guillaume, lui, était un fils d'ouvrier nordiste, arrivait ici quelques années auparavant, du a la fermeture des entreprises, son père avait trouvait un travail dans le sud. Guillaume avait un an de plus que Jua mais tout de suite il s'était bien entendu.
Ils habitaient à deux pas l'un de l'autre en coupant pas la colline et se voyaient de plus en plus. Ils avaient de nombreux points communs, dont celui de la solitude qui les avaient rapprochés. Avec lui Jua n'était plus la petite fille renfermé du collège, elle se sentait libre parce qu'elle savait qu'il comprenait ce qu'elle ressentait à chaque instant. Elle avait confiance, et elle était amoureuse. Guillaume était timide mais arrivé à s'imposer dans certaines situation ce qui lui donnait un peu d'assurance. Mais personne ne pouvait savoir ce qu'il ressentait. Jamais un sourire ne laissait transparaître ces sentiments, pas même un regard plus appuyé que les autres, Guillaume était un mystère et Jua ne savais plus quoi faire.
Jua expliqua qu'elle avait trop mal aux pieds et qu'elle préférait rentrée avant d'avoir des ampoules qui l'empêcherait de participer activement à la prochaine cueillette de thym. Guillaume approuva en silence et fit demi tour sans un mot.
Ils arrivaient enfin au niveau où la route se séparait vers les deux fermes, Jua le c½ur battant s'était décidé à tout avoué à Guillaume. Ils s'arrêtèrent sur le bord de la route, les chaussures pleine de petite branches. Une voiture arriva et Jua se jeta dans les bras de Guillaume. Son geste le surpris et ne comprenant pas ce qui lui arrivait, il perdis l'équilibre et chuta sur la route. Jua cria de toute ses forces se retournant pour ne pas voir la scène.

Une main se posa sur son front, Jua avait chaud et ne savait pas où elle était. Devant elle, Guillaume la regardait, inquiet. Mais quand il vit qu'elle ouvrait les yeux, il parut rassurer.

- Que c'est il passé ?
- Tu as fait une chute et je t'ai ramené chez toi, tu as juste une petite blessure sur le front mais rien de grave.
- Alors ? tout ça...
- Quoi ?
- Non rien, je suis tombé où ?
- Juste après avoir remis ta chaussure, tu as glissé et tu t'es cognait la tête.
- Alors je n'ai rien dit ?
- Si , mais je voudrai que tu le redise...
Et Guillaume rougit devant Jua, elle avait du tout dire pendant cette instant, et il avait l'air d'accord... mais pourquoi son pantalon est déchiré ?

Jua cligna des yeux et Guillaume disparut, une lettre était posée sur la table de chevet.

« Tu m'as fait trébuché et je suis mort, les anges m'ont tout raconté... Je t'aime. »

Dans la garrigue, une jeune fille est retrouvée morte au pied d'un arbre.

Désolé.

# Posté le dimanche 17 juin 2007 04:04